Fulgence Girard

Présentation de la personne et de l’œuvre de Fulgence Girard, avocat et homme de lettres, défenseur des accusés d’avril, directeur de journaux littéraires, secrétaire de la société archéologique d’Avranches, 1807–1873.

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Repères généalogiques

Blason dextrochère de la ville de Granville De son nom complet Pierre Fulgence Girard, avocat et homme de lettres, directeur de journaux littéraires, secrétaire de la société archéologique d’Avranches, né le 21 septembre 1807 à Granville, décédé le 10 avril 1873 de 65 ans à Bacilly où il est inhumé.

Il est né de Nicolas Antoine Le Jeune Girard (1771–1835) et de Rosalie La Houssaye (1775–1865), il épousa le 3 février 1836, à Avranches, Adrienne Julie Desfeux (1817–1865), avec laquelle il eut quatre filles : Inès, Marcelline Marguerite (1837–1895), Julie, Marie. Il a habité 29 rue St-Jean à Granville et à La Broise, à Bacilly (Manche). Sa fille Marcelline Marguerite a eu trois enfants dont un fils, Fulgence Le Bouffy (1863–1938), qui eut quatre enfants : Henri (1895–1920), Yvonne (1896–1964), Marguerite (1901–2002) et Anne (1905–1970). Une autre fille, Marie (1893–1894) était née auparavant et morte en bas âge. Henri, Capitaine, est mort pour la France en 1920 des suites de blessure par balle reçue à la bataille de St-Quentin. L’auteur de cette page web est lui-même descendant de cette Yvonne Le Bouffy. ☺

Girard littérateur

Il écrivit de nombreux essais, surtout archéologiques et historiques, et quelques histoires dont Sur nos grèves, Deux Martyrs, Marceline Vauvert, Giulia Falcom, Un corsaire sous l’Empire.
Sur nos grèves est un recueil de quatre nouvelles qui, comme son nom l’indique, se passent sur nos grèves, c’est à dire sur les grèves du nord de Bretagne et de Basse-Normandie : Berthe la maréieuse, Maître Blanchard le douanier, Gaud le bon ami, Loïk l’enfant des grèves.

Fulgence Girard a été directeur et principal contributeur du Journal d’Avranches, a été un des rédacteurs principaux au Navigateur, journal des naufrages et des autres événements nautiques édité au Havre par une société de marins entre 1829 et 1833 puis entre 1834 et 1838 (nouvelle série). Édouard Corbière, le « père du roman maritime en France » y écrivit de nombreux articles et même en dirigea un temps la rédaction. Ce périodique devint par la suite la Revue maritime, absorbée elle-même par Le Journal de la marine : revue des voyages.

Fulgence Girard était publié hebdomadairement dans Le Monde Illustré. Il y écrivait dans tous les domaines : mondanités, drames de l’actualité, critiques artistiques en lettres ou architecture, nécrologie, reportages, y compris de contrées lointaines. Ses reportages s’émaillaient toujours d’un enrichissement culturel et allaient chercher dans l’Histoire et la Géographie les racines des événements ou lieux dont il parlait.
Au fil de ces pages, on rencontre parmi ses voisins de plume les écrivains Alexandre Dumas (père) et George Sand, le musicien Hector Berlioz.
À partir du second semestre 1858, ses récits d’événements lointains seront titrés Chronique de la province et de l’étranger.

Girard et les républicains sociaux


Armand Barbès
Fulgence Girard soutient le mouvement ouvrier et les sociétés des droits de l’homme sous la Monarchie de Juillet. La société de l’époque voit la condition ouvrière se détériorer sous l’effet de l’exode rural et des conditions de vie toujours plus difficiles, liées aux prémices de la révolution industrielle, ce qu’on appellera le paupérisme. Divers mouvements ouvriers luttent contre ces conditions.
En même temps des partisans républicains non satisfaits de l’évolution de la politique française à l’issue de la révolution de juillet (les Trois Glorieuses, qui ont remplacé Charles X par Louis-Philippe), épris d’aspirations libérales, égalitaires, forment des sociétés secrètes, dont certaines à buts révolutionnaires.
Sous la poussée de ces deux mouvements, la monarchie de juillet, puis plus tard la seconde république, sont secoués d’insurrections violentes, dont la première fut la révolte des Canuts à Lyon en novembre 1831.

En 1833, Girard exprime ouvertement son opposition de certaines politiques, Thiers le premier.
Il figure dans la commission de la loterie patriotique de 1834.

Après les émeutes d’avril 1834 (seconde insurrection des canuts lyonnais), Girard participe à la défense des accusés (ainsi qu’Auguste Comte).

Le 12 mai 1839, les républicains de la Société des saisons, société prolétarienne qui compte alors environ 900 membres, tentent de renverser Louis-Philippe, avec parmi eux Auguste Blanqui, Armand Barbès, Martin Bernard. 400 insurgés parviennent à occuper brièvement l’Assemblée, l’Hôtel de ville et le Palais de Justice. L’opération échoue et les conjurés sont arrêtés. Armand Barbès et Martin Bernard sont jugés en juin–juillet 1839, Auguste Blanqui en janvier 1840. Blanqui, Barbès et Bernard sont ses amis. Blason actuiel de la commune du Mont-Saint-Michel : de sable à dix coquilles d’argent 4, 3, 2 et 1 ; au chef cousu d’azur, à trois fleurs de lys d’orIls seront emprisonnés au Mont-Saint-Michel en juillet 1839. Fulgence usera de son influence en tant qu’historien (secrétaire de la société archéologique d’Avranches) et journaliste (directeur du journal d’Avranches) pour les approcher. Repéré par l’administration, il ne cède pas aux intimidations ; il entretiendra une correspondance secrète avec eux, et préparera même une tentative d’évasion.
En octobre 1841, il rédige avec eux une pétition de M. Carle et Mme Augusta Carle, sœur d’Armand Barbès, qui lancera une campagne de presse sur les prisonniers politiques (Journal du Peuple, Le National, plus tard La Réforme…) qui aboutira ultérieurement (1844) à des discussions à la Chambre des députés autour de la loi sur les prisons.

Réédition de Berthe la maréieuse, lexique, épilogue

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Girard, l’association des amis de la Haute Ville de Granville associée à l’éditeur de notre site web ont réédité une de ses nouvelles : Berthe la maréieuse.

La Médiathèque Charles de la Morandière à Granville où nous avons retrouvé Berthe la maréieuse.

Histoire

Berthe la maréieuse est l’histoire d’une jeune pêcheuse de Granville qui un jour est piégée par la marée montante. Son amoureux, Pierre, la sauve en l’aidant à se réfugier dans une grotte du Roc, où ils attendront la marée descendante. Leur sentiment mutuel est si tendre et si fort qu’ils ne peuvent s’empêcher de le concrétiser. Quelque-temps après, Berthe se retrouve enceinte, mais la famille de Pierre refuse qu’il l’épouse. Le drame se développe sur la trame de cette histoire et nous ne la révèlerons pas ici. Cette histoire est censée débuter en 1788, une quarantaine d’années avant sa parution, et l’auteur prend soin de nous dépeindre avec précision les sentiments et la société de l’époque, non sans laisser paraître son propre point de vue critique sur les mentalités d’alors. Aussi bien le style littéraire est assez marqué de son époque, l’analyse et la critique sociale qui transparaissent nous semblent aujourd’hui étonnamment modernes. Girard dénonce avec virulence le rigorisme de la société dont il démontre les effets criminels : en rejetant un phénomène somme toute naturel (les conséquences de l’amour et de la sexualité), la société s’est rendue coupable de la déchéance et de la mort de deux innocents. La situation n’avait aucune raison de se dénouer ainsi sans les rouages aveugles et écrasants de la société où les personnages sont contraints de vivre et de s’y conformer.


La grotte de Lihou, où se sont concrétisés « les plus saints penchants de l’âme ».

Extrait

  Ce qu’est pourtant la justice des hommes, et à quoi tient pourtant la félicité d’une vie !
Des parents joyeux s’empresseraient autour d’elle ; le carillon des cloches, la voix des amis annonceraient au monde sa délivrance par un hymen de fêtes ; toutes les voix s’adouciraient pour lui murmurer des vœux de félicité : et sa chambre est déserte ; une figure seule sourit près de sa couche, et c’est un sourire de douleur ; il faut qu’elle dévore ses larmes, il faut qu’elle boive en secret son amertume et son fiel. Elle cache son enfant dont elle serait fière, car son orgueil fait sa honte.
Pourquoi ?
Parce que nos mœurs ont fait un crime des plus saints penchants de l’âme, et un trafic de chair des plus chastes nœuds.
Parce qu’un imprudent n’a pas trouvé dans son cœur d’homme assez de fermeté pour se livrer à la vertu.
Il a soufflé sur une existence, et cette existence en fleur s’est desséchée comme la lande de la plaine ; et lui, aux applaudissements, s’endort heureux sur un autre amour.
L’homme a passé là ; comme une limace sur un lis, il en a bu les parfums et la rosée et y a laissé sa souillure ; et l’on rejette le lis ; et la limace cuve son ivresse dans le calice d’une autre fleur.
Berthe la maréieuse, p. 33

Éditions

Cette histoire a été éditée dans La France Maritime (voir plus loin), d’Amédée Gréhan, vers 1834, et rééditée plusieurs fois. Elle est aussi incluse dans le livre Sur nos grèves (1840). Selon la date des éditions, la maréieuse s’écrit avec un i ou un y, avec ou sans accent, l’orthographe de ce mot ayant changé au cours du temps.
La réédition de 2007 est sous la forme d’un livret A5 de 43 pages, vendu 4 € dans les librairies de Granville. Vous pouvez aussi l’acquérir en prenant contact avec l’association, ou en nous contactant (voir page Contact).

Lexique, épilogue

Alors qu’on en était à finaliser le travail de réédition, nos relecteurs ont fait remarquer que de nombreux termes et expressions utilisés dans le texte étaient vieux, locaux ou inusités, et méritaient un peu plus d’attention. Nous avons donc entrepris quelques recherches, et nous avons été en mesure d’éditer un lexique de deux pages, que nous avons joint au fascicule. Vous pouvez le lire ou le télécharger sur ce site. Peu après avoir bouclé l’édition du fascicule, nous avons découvert chez un membre de la famille, une nouvelle édition de la même histoire, datée de 1840, qui était rallongée d’un épilogue !
Comme dans tout bon épilogue littéraire, l’auteur y explique, à la première personne, avec l’accent de la vérité, comment il en est arrivé à raconter cette histoire, qui sont les personnes, réelles, qu’elle concerne, et ce qu’elles sont devenues à ce jour, plus de cinquante ans après les faits.
À la lecture de cet épilogue, je ne peux personnellement me laisser aller à imaginer que c’est une histoire vraie, tout au plus une légende vivace inspirée de faits divers déformés par la tradition orale, que Girard a décidé un jour de mettre en prose. Sur le rocher, dans la grotte, le lichen rouge du sang des victimes est toujours là, mais j’ai cherché sans succès les initiales gravées dont il parle. Le fait qu’il place son récit en un lieu précis (Granville) à une date précise (« un des premiers jours d’avril 1788 ») intensifie l’impression de véracité, mais n’est-ce pas là un effet littéraire connu ? A-t-il créé cette histoire ou existait-elle avant qu’il ne la raconte ? Pour l’instant nous n’en savons pas plus. Mais nous vous laissons le soin de vous faire votre propre idée, car nous publions sur ce site cet épilogue retrouvé (en image uniquement, une transcription est prévue dans le futur).
Extrait :
  Plus d’un demi-siècle s’est écoulé sur cette catastrophe, et cependant le souvenir en est resté si profondément gravé dans la mémoire des habitants de cette partie du littoral, que fort peu des nombreux baigneurs qui, durant les beaux jours, viennent chercher, quelques-uns la santé, la plupart le plaisir, sur cette belle plage sablonneuse, s’en éloignent sans avoir accompli, sur l’invitation des ciceroni du lieu, un tendre pèlerinage à la grotte et aux rochers théâtres des scènes dramatiques de ce récit.

Célébration du bicentenaire de sa naissance

L’association des amis de la Haute Ville de Granville, ainsi que plusieurs descendants de Fulgence Girard se sont réunis le 22 septembre 2007 pour célébrer le bicentenaire de sa naissance. À cette occasion, sa mémoire et son œuvre ont été évoquées. Nous donnons ci-dessous le communiqué de presse relatant cette rencontre.

Communiqué de presse
Granville, Hommage rendu à Fulgence Girard, écrivain granvillais

Cérémonie émouvante à l’Espace Cambernon samedi 22 septembre 2007 : on fêtait ce jour là le 200ème anniversaire de la naissance de Fulgence Girard, écrivain, avocat, fondateur de journaux… fils de capitaine corsaire et petit-fils d’armateur, né le 21 septembre 1807 à Granville, où il habita au 29 de la rue Saint-Jean. Sa carrière littéraire le conduisit à Paris. Il passa les dernières années de sa vie à Bacilly, où il mourut en 1873.

L’Association des Amis de la Haute Ville a pris l’initiative d’honorer ce littérateur granvillais contemporain de Victor Hugo et d’Eugène Sue, auteur de nombreux ouvrages et études historiques, maritimes et archéologiques : Histoire de la Marine Française, Histoire du Mont Saint-Michel, Annuaire d’Avranches…

Pour marquer le bicentenaire de sa naissance, l’Association des Amis de la Haute Ville a procédé à une réédition de Berthe la maréieuse, nouvelle dont l’action se situe à Granville, publiée dans La France maritime en 1853, et, sous forme de feuilleton, par Le Républicain Granvillais en 1980 et 1981. Cette cérémonie s’est déroulée en présence d’un public s’intéressant à l’histoire locale, et de plusieurs descendants de Fulgence Girard restés fidèlement attachés à leurs racines granvillaises.

En honorant la mémoire d’un écrivain de la Haute Ville, cette manifestation culturelle contribue à la mise en valeur du patrimoine granvillais. L’ouvrage Berthe la maréieuse est disponible dans les librairies de Granville.

C’est sur la grève du nord que débute l’histoire de Berthe. Berthe est piégée par la marée montante et se réfugie dans une grotte avec son amoureux Pierre. Berthe tombe enceinte suite à cette union éphémère, et de là se développe le drame de l’histoire. Il y a de nos jours un escalier sur le rempart du nord. Certaines personnes ont fait remarquer que si, à l’époque, cet escalier avait existé, il aurait évité bien des ennuis à notre pauvre Berthe… d’où l’idée de lui donner son nom ! Cette proposition, qui n’eût pas de suite, avait été faite par un lecteur du Granvillais le 20 avril 1873, en hommage à Girard juste décédé. « l’escalier de Berthe la mareyeuse » n’a toujours pas de nom aujourd’hui.

Photos. Ci-dessus : l’escalier, départ au niveau du rempart. À gauche : l’escalier descendant le long de la falaise, vue générale depuis la grève.


Explications et discours sur Fulgence Girard par l’association et des descendants. Sur la photo : Jacqueline de Laborderie.

À l’espace Cambernon, point de vente de Berthe la maréieuse rééditée pour l’occasion. Les discussions vont bon train sur l’auteur et l’ouvrage.

À l’escalier du rampart du nord, l’escalier de Berthe la mareyeuse, le président de l’association, Emmanuel Collignon, montre la maison où Fulgence Girard a habité à Granville. À droite, nous voyons des granvillaises en costume traditionnel, portant la fameuse coiffe dite bavolette.

Repères historiques

J’ai entendu un jour à la radio que les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus de repère car le monde change trop vite. Que dire alors de la période 1789-1848 qui a vu, en une vie d’homme, se succéder révolutions et guerres, 9 régimes et formes de gouvernement,  de la déclaration des droits de l’Homme au sacre de Napoléon en passant par la décapitation du roi et la révolution industrielle.

La période de Girard commence un peu plus tard car il naît en 1807. Voici quelques repères historiques permettant de situer Fulgence Girard, sa politique et son œuvre dans le contexte de l’époque (télécharger en PDF). Ceci n’est qu’une chronologie de repérage ; plus d’explications sont données dans la section d’après.

Période Gouvernement Évènements
 XVIe - 1789 Ancien Régime Monarchie absolue
Louis XVI règne à partir de 1774
14 juillet 1789 - prise de la bastille 
1789-1792 Monarchie constitutionnelle Abolition des privilèges et déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (août 1789), constitution du 3 septembre 1791, fuite à Varennes (20 juin 1791)
10 août 1792 -  Commune insurrectionnelle de Paris
1792-1804 Première république
1792-1795 Convention Le roi est décapité le 21 janvier 1793
La Terreur (1793–1794)
26 octobre 1795 - Séparation de la Convention
1795-1799 Directoire Fondé par la Constitution de l’an III (1795)
9 novembre 1799 - Coup d’État du 18 Brumaire
1799-1804 Consulat Bonaparte est Premier Consul, prémices du Premier Empire
18 mai 1804 - décret du Sénat proclamant Bonaparte Empereur
1804-1814 Premier Empire Sacre de napoléon, guerres napoléoniennes, abdication
1807 : naissance de Fulgence Girard
6 avril 1814 - abdication de Napoléon
1814-1815 Première restauration Retour des Bourbons sur le trône (Louis XVIII), mise en place de la charte de 1814.
1er mars 1815 - Retour de Napoléon
1815 Les 100 jours Napoléon revient en France, rassemble ses troupes contre la coalition et est défait à Waterloo
18 juin 1815 - Défaite de Waterloo
1815-1830 Seconde restauration Monarchie constitutionnelle de la Maison capétienne de Bourbon : Louis XVIII (1815–1824) puis Charles X (1824–1830)
Stabilité civile et paix extérieure
Début de la révolution industrielle
27-29 juillet 1830 : les Trois Glorieuses
1830-1848 Monarchie de Juillet Louis-Philippe Ier, roi des Français (Maison d’Orléans)
Exode rural
Détérioration de la condition ouvrière, paupérisme
Agitations civiles et révolutionnaires, insurrections violentes :
  • 21-24 novembre 1831 : Révolte des Canuts à Lyon
  • 5–6 juin 1832 : insurection réduite au cloître de St-Merry (mort de Gavroche)
  • 9 avril 1834 : seconde insurrection des canuts lyonnais, et comparution des insurgés en mai 1835 devant la Chambre des pairs. Girard, en tant qu’avocat, est un des défenseurs.
  • 12 mai 1839 : insurection par la Société des saisons (Auguste Blanqui, Armand Barbès, Martin Bernard).
23-25 février 1848 - Révolution de 1848
1848-1851 Seconde république Instauration du suffrage universel
Les manifestations et “Journées” révolutionnaires des républicains sociaux continuent :
  • 17 mars 1848 : manifestation pour repousser les élections
  • 15 mai 1848 : les républicains sociaux, évincés du gouvernement par les républicains bourgeois (et les urnes), tentent de prendre le pouvoir par la rue
  • 21 juin 1848 : la fermeture des ateliers nationaux entraine des manifestations et de violents combats
  • 13 juin 1849 : la politique envers la république italienne enflamme les dernières forces de l’extrême gauche qui tente de prendre le pouvoir.
Élection de Louis-Napoléon Bonaparte (10–11 décembre 1848)
2 décembre 1851 - coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte
1852-1870 Second Empire Napoléon III  (Louis-Napoléon Bonaparte)
Travaux haussmanniens
Guerre de Crimée (1853-1856)
Guerre de 70 (1870-1871)
2 septembre 1870 - capture de l’empereur Napoléon III à Sedan
4 septembre 1870 - proclamation de la 3e république
1870-1940 Troisième république Insurrection de la Commune (18 mars - 28 mai 1871)
1873 : décès de Fulgence Girard

Contexte historique

Si je vous demande ce qui, en 1832, pouvait distinguer les « carlistes » et les « henriquinquistes », allez-vous pouvoir répondre à la question ? Si oui, la section ci-dessous n’est pas pour vous. Si comme moi vous n’avez qu’un vague souvenir de vos cours d’histoire du lycée, si vous avez oublié lequel est en premier de la république et de l’empire, voici un résumé qui vous permettra de donner du sens aux repères ci-dessus et aux actions de Girard.

Le démarrage du XIXe siècle (1789–1815)


La charte de 1814
La révolution de 1789 a renversé l’Ancien régime. Une succession de régimes s’ensuit : une monarchie constitutionnelle, la 1e république, puis l’Empire (Napoléon). Toute l’Europe avait fait la guerre à Napoléon, l’avait vaincu (mars 1814), et avait remis les Bourbons sur le trône (Louis XVIII). Ne pouvant éliminer l’héritage de la révolution, ce dernier “octroie” la “charte” de 1814 (une constitution qui n’en a pas le nom). En 1815, Napoléon revient (les 100 jours) mais est battu définitivement à Waterloo (18 juin 1815). Les Bourbons reviennent, c’est la 2e restauration.

C’est alors que commence le XIXe siècle des historiens.

Sur l’international, la France a perdu son hégémonie sur la vieille Europe et son duel contre l’Angleterre. Le fiasco géo-politique va entraîner un fiasco économique (perte des colonies, ruine des ports) qui va doter l’Angleterre d’une avance industrielle. Son industrie, mais aussi sa stabilité politique, inspirera de nombreux penseurs français du XIXe.
Sur le plan national, la France est à présent dotée d’une sorte de monarchie constitutionnelle basée sur la Charte de 1814, qui servira de référence dans les décennies à venir. Cette charte repose sur le partage des pouvoirs entre le roi et son gouvernement qu’il désigne (ministres, etc), et deux chambres : la Chambre des députés (élue au suffrage censitaire), et la Chambre des pairs (membres désignés ou héréditaires). Au suffrage censitaire, seuls les riches votent (ceux dont le relevé d’impôts dépasse le cens), et la manipulation du cens et des circonscriptions permet souvent à l’exécutif d’influer sur la composition de la chambre.

La nation est divisée. Les différents groupes ne cherchent nullement à cohabiter en paix ; chacun veut le pouvoir. Durant tout le siècle, les complots seront multiples, le pouvoir est en permanence à la merci d’un coup de main réussi, balloté d’un coup d’État à l’autre.

La seconde restauration (1815–1830)

La société française est malthusienne, c’est à dire qu’elle pratique la prudence économique et industrielle. La France est surtout rurale, avec des grands propriétaires mais il y a aussi une classe ouvrière miséreuse, sans protection sociale, à la merci des aléas économiques. Leur misère attire l’attention d’intellectuels (Sismondi, Saint-Simon, Fourier) ; en même temps les ouvriers montent des associations secrètes.

Sur le plan politique, les ultras (ultra-royalistes) et les modérés s’affrontent et s’alternent à la Chambre des députés ; chaque revirement se fait avec sa vague de lois réactionnaires ou libérales selon les tendances. La presse, l’éducation, l’Église, le corps électoral sont les sujets les plus sensibles et les plus manipulés.

Échiquier politique de la seconde restauration
Les étiquettes politiques couvrent évidement des concepts flottants selon les gens et les années. Ce tableau est approximatif, destiné uniquement à représenter les tendances.
les bourgeois / modérés / libéraux Les ultras (légitimistes)
/ pointus
/ réactionnaires
les républicains les royalistes modérés
(orléanistes … légitimistes)
républicains sociaux /
socialistes
républicains bourgeois
                les bonapartistes
← la gauche                                                 la droite →

À la mort de Louis XVIII (16 septembre 1824), son frère Charles X, un ultra, monte sur le trône. Le manque d’ouverture de sa politique lui fait perdre la majorité à la Chambre des députés. Refusant de regner avec un gouvernement modéré (aujourd’hui on parlerait de cohabitation), Charles X essaie de basculer en force le régime vers une forme plus ultra (les quatre ordonnances du 26 juillet 1830). Paris réagit par une insurection de trois jours : les Trois glorieuses.

Une fois le gouvernement renversé par la rue, la Chambre des députés, en majorité modérée et bourgeoise, nomme à la tête du pays le duc d’Orléans, Louis-Philippe (prétendant issu d’une branche ratérale des Bourbons, descendante aussi de Louis XIII). Les Orléanistes sont maintenant au pouvoir, Charles X en exil, les légitimistes (carlistes) dans l’opposition. Parce-que cette révolution a été récupérée par la bourgeoisie qui ce jour là a péréféré un Orléans à un Bourbon, Girard en dira que « ce ne fut, hélas !, qu’un accident dans les destinées de la France ».

La Monarchie de Juillet (1830–1848)

Le “roi des barricades” de la “monarchie tricolore” prend des allures bourgoises qui contrastent avec la tendance ultra et théocratique de Charles X. Louis-Philippe joue le jeu du régime parlementaire et pousse une économie des classes moyennes : paix, ordre et progrès vont tirer vers le haut toutes les classes, mais pas trop vite. Les républicains (intellectuels, cadres techniques, quelques notables) forment des sociétés secrètes d’opposition et font des campagnes de presse. Le régime hésite entre libéralisme et ouverture accrue (tendance initiale du gouvernement Laffitte), ou bien intransigeance libérale (tendance Perier à partir de 1831) qui bride l’éveil social par la force. Les classes douloureuses (ouvriers, prolétaires) ont des conditions de vie et de travail effroyables et attirent l’attention de quelques catholiques sociaux (Ozanam, Lamennais, Lacordaire, Montalembert). Les ouvriers veulent une amélioration de leurs conditions mais leurs demandent ne débouchent pas. Les canuts lyonnais (ouvriers des métiers à tisser) en 1831, lorsque le gouvernement prend parti contre eux dans leurs demandes de tarif (on parlerait aujourd’hui de revendications salariales), ne trouvent d’autre alternative que la révolte (21–24 novembre) au cri de “vivre en travaillant ou mourir en combattant”. Seuls les meneurs républicains seront jugés, mais acquités par le jury. Pour défendre leurs intérêts, les ouvriers se mutuellisent. Leurs mutuelles (sortes de syndicats avant l’heure) seront pourchassés par la police indistictement avec les sociétés républicaines.
Ces dernières ne restent pas inactives ; les républicains se soulèvent les 5 et 6 juin 1832, mais sont réduis au cloître de St-Merry (c’est l’émeute des Misérables où Gavroche se fait tuer). Les “condamnés de juin” (Prosper, Jeanne, Blondeau, Lepage, Colombat) seront emprisonnés au Mont-Saint-Michel
Le mouvement ouvrier se politise, et la 2e révolte des canuts des 9-14 avril 1834 se fera au cri de “vive la république”. Cette révolte aura des répliques dans toute la France. Une fois la révolte matée (“la semaine sanglante”), les “accusés d’avril” sont transférés à Paris pour un “procès monstre” par une cour spéciale : la Cour des pairs. Girard, en tant qu’avocat, y sera défenseur, et avec les autres il sera poursuivi à cause de leur lettre ouverte Aux prisonniers d’avril.
Le 12 mai 1839, c’est la “Société des saisons” (des républicains sociaux : Auguste Blanqui, Armand Barbès, Martin Bernard…) qui lance une insurrection pour renverser le gouvernement, mais échoue faute de préparation et de base populaire. Les “insurgés de mai” seront emprisonnés au Mont-Saint-Michel.

Au bilan, c’est la tendance intransigeante qui s’installe. Le développement est maintenu au ralenti par “le système”, notamment sous le gouvernement Guizot, par peur d’une révolution industrielle trop rapide qui changerait la donne (des richesses et du pouvoir). De cette société bridée, une contestation se diffuse alors dans les années 1840 : le positivisme, porté par des savants (on dit aujourd’hui des scientifiques), des artistes, des lettrés, mais aussi les jeunes cadres frustrés des milieux d’affaire.

En 1847, le mouvement de protestation prend de l’ampleur et lance des campagnes de presse. On y réclame “la réforme” (en particulier du corps électoral : le cens à 100 F). La récolte est très mauvaise, provoque une crise alimentaire qui dégénère en crise économique. Un banquet politique est organisé pour le 22 février 1848 ; la troupe se déploie en anticipation de troubles, Paris répond avec des barricades, et c’est l’explosion. Le gouvernement saute, la république est proclamée le 25.

La seconde république (1848–1851)

La république se veut sociale (suffrage universel, droit au travail, école gratuite) ; la classe ouvrière est dignement reconnue. Des ateliers nationaux sont créés pour donner du travail aux chômeurs. Mais la crise est là, l’argent se cache, forçant les impôts à augmenter, provoquant des mécontentements. Le gouvernement doit mettre en place les élections. Il est partagé entre les tendances libérales (Lamartine, Arago) qui veulent juste sortir de la crise et faire une démocratie politique, et les socialistes (Louis Blanc, Albert) qui veulent une démocratie sociale. Ces derniers sont conscients que le mécontentement populaire contre cette “république fiscale” va jouer contre eux.

Pour repousser les élections (afin de se donner le temps d’éduquer les masses), Blanqui et ses amis organisent une “journée” le 17 mars 1848 (manifestation) , mais le report obtenu est court. Sans surprise, ils perdent les élections du 23 avril (premier scrutin au suffrage universel), et sont évincés du gouvernement (la “Commission exécutive”).

Encore une fois la bourgeoisie s’accapare le pouvoir que les classes populaires ont enlevé par leur révolution. Se constatant floués, les socialistes vont organiser encore une “journée” le 15 mai 1848 : ils prennent de force la chambre des députés et créent un gouvernement provisoire (Louis Blanc, Raspail, Barbès, Blanqui). Lamartine rallie la garde et fait reprendre la chambre. Barbès et Albert sont incarcérées (les meneurs seront traduits devant la Haute Cour de Justice de Bourges du 7 mars au 3 avril 1849, où Girard encore sera défenseur ; Barbès, Albert, Blanqui, Raspail seront condamnés à des peine déportation ou prison).

La crise est toujours là, et les ouvriers parisiens sont de plus en plus réceptifs à la propagande socialiste. Les ateliers nationaux sont fermés le 21 juin 1848 pour éviter leur faillite, ce qui jette les ouvriers dans la rue. L’émeute est inévitable (au cri de “du pain ou du plomb”), mais la troupe est prête ; elle réduit, après de féroces combats, les derniers insurgés le 26. Une fois les socialistes matés, les capitaux réapparaissent, l’économie reprend. La bourgeoisie reprend la main et commence une vague de répression et de lois réactionnaires.

La constitution est achevée (12 novembre 1848), et il faut élire un président. Les orléanistes proposent Louis Napoléon Bonaparte. Ce dernier, en plus de rallier les bonapartistes, va parvenir, avec un programme bourgeois libéral, à fédérer les républicains libéraux, les réactionnaires, mais aussi les républicains sociaux dégoûtés de la défaite de juin, et tous les ennemis des dirigeants de la république de 1848. Vote de sanction ou d’adhesion, toutes les classes votent pour lui et il est élu par 5,4 M° de voix sur 7,5 M° d’électeurs (10 décembre 1848) ; les élections législatives qui suivent confirment l’écrasement des républicains modérés par les droites. Seule subsite l’extrème gauche, sauvée par une bonne campagne, avec 180 députés socialistes (ou républicains avancés), qui gènent le gouvernement.

En Italie, la république est proclamée le 5 février 1849 et le pape y est déchu. Sous la pression des catholiques, le gouvernement français y envoit un corps expéditionnaire pour le rétablir. Les républicains protestent contre cette violation de la constitution (qui interdisait toute entreprise « contre la liberté d’aucun peuple »), à l’assemblée, sans effet, puis dans la rue. Les socialistes, les “montagnards” (élus des quartiers Est de Paris), l’extrême gauche défilent le 13 juin 1849, et essaient de prendre le pouvoir par la force C’est un échec total ; les députés impliqués sont arrêtés, exclus de l’Assemblée, ou en fuite (Arago, Ledru-Rollin). La gauche est décapitée ouvrant la voie à une seconde vague de répression et de lois réactionnaires, y compris une modification de la loi sur le suffrage universel qui en éloigne les ouvriers.

Des dissensions se développent entre les droites. Les plus autoritaires commencent à songer à un coup d’État. Louis Napoléon Bonaparte parcourt le pays en prônant l’ordre et un exécutif fort ; il enthousiasme l’armée. Il propose d’assouplir le suffrage universel, ce qui est refusé par la droite bourgeoise (qui ne veut pas que les ouvriers votent), qui du coup se discrédite elle-même dans l’opinion publique. Le 2 décembre 1851, il déploie ses troupes, arrête les chefs de gouvernement opposés et prend le pouvoir. Il écrase les quelques résistances à Paris et en province (03–04 décembre), et fait arrêter puis déporter les chefs républicains et autres opposants (26.000 opposants arrêtés, 15.000 sont condamnés dont 10.000 déportés en Algérie). Victor Hugo part en exil, il n’y a plus de républicains en France. Par deux plébiscites, Louis Napoléon Bonaparte transformera en un an la république en Empire.

Le second empire (1852–1870)

Louis Napoléon Bonaparte est largement plébiscité (plus de 7M° de voix contre moins de 1M° les 20 décembre 1851 puis 21 novembre 1852) par une population finalement soulagée, qui avait fini par avoir peur de cette révolution de 1848 qui voulait changer trop de choses.

Il avait récupéré les rancœurs des bases orléanistes ; il rallie maintenant les cadres entrepreneurs et négociants impatients qu’on lâche la bride à révolution industrielle. Après l’échec de la république, il promet d’être social et récupère les ouvriers. Les différentes classes ont perdu leurs leaders, mais ont ainsi la perspective d’un bond en avant.

L’empereur est moderne et réalise l’expansion économique de la société.

Il a monté une constitution dotée d’un exécutif fort, il musèle les libertés civiles et met en place un système qui privilégie aux élections les candidats officiels. Il gonfle le prestige de l’armée par quelques guerres victorieuses quoique difficiles (Crimée, Guerres d’Italie), mais surtout il fait, avec les Saint-Simoniens, rénover le système bancaire, fait lever des capitaux qui serviront à tous ses chantiers de modernisation : chemin de fer, machines à vapeur, textile, portuaire, grands magasins, travaux Hausmanniens… Le commerce et l’immobilier fleurissent et toutes les classes s’améliorent. Même les ouvriers voient leurs conditions progresser. Avec les républicains disparus, seuls les artistes se sentent à l’étroit : Zola pourfend la société bourgeoise décadente, Baudelaire et Flaubert sont condamnés, Monet est conspué, Courbet est mal critiqué. En 1860, l’Empereur assouplit le régime et laisse se former un parti d’opposition de républicains et de royalistes (l’“Union libérale”, puis plus tard le “Tiers-parti”). Parce-qu’il n’améliore pas les libertés (individuelles, de la presse, électorales), il finit par perdre sa popularité, et l’opposition grignotte. Il relâche pourtant sa politique en 1865 (droit de grève), puis en 1869 (loi sur la presse), mais c’est insuffisant, et le Tiers parti gagne les élections de 1869 (gouvernemnt d’Émile Ollivier).

Sur le plan international, Napoléon III s’était aliéné Bismarck (Prusse) en se faisant médiateur dans sa guerre contre l’Autriche (finalement vaincue à Sadowa, 3 juillet 1866). Sur fond de revendication du trône d’Espagne et d’intrigues diplomatiques, Bismarck finit par enflammer son opinion publique et déclencher une guerre, qui est déclarée le 17 juillet 1870. Les français sont mal préparés, désordonnés, et l’empereur est pris à Sedan (Ardennes).

Les républicains saisissent l’occasion, prennent le Corps législatif le 4 septembre, et fondent la 3e république, avec les survivants de 1848, et des jeunes républicains (Gambetta…).

La 3e république et la suite

Nous avons atteint la fin de la période qui nous intéresse. Après ça, l’Histoire continue. La défaite (mai 1871), la Commune (mars-mai 1871), la victoire définitive des républicains sur les royalistes (élections de 1877), le boulangisme (1887–1889), l’affaire Dreyfus (1894–1906), la séparation de l’Église et de l’État (1905), et la Grande Guerre (1914–1918). Cette Histoire continue sans Fulgence Girard qui la quitte en 1873. C’est pendant cette crise de 1870 que sa fille Marie Girard prendra le voile chez les Sœurs hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve, et sera pendant la Grande Guerre à deux reprises en charge d’une station hospitalière. Elle quittera l’Histoire en 1918, précédant de peu son neveu Henri, petit-fils de Fulgence Girard, capitaine tué par les combats (voir les repères généalogiques).

Bibliographie de Fulgence Girard

  • Avec Édouard Turquety, et al. (collectif), Keepsake breton, Impr. de A. Marteville, Rennes, 1832, recueil de 40 poèmes de 21 différents auteurs, dont Fulgence Girard, édité au profit des pauvres, in-8°, Ⅳ-119 p. <lire en ligne>
  • À mon ami Charles Sigoyer (14 juillet 1789), Impr. de Landais et Marteville, Rennes, 14/7/1832, in-4°, 3 p., autogr.
  • Avec Eugène Lhéritier, Les personnalités, appréciation critique des contemporains, Eugène Lhéritier, Paris, 1833, portraits polémiques de 33 contemporains, in-8° <lire en ligne>
  • Journal d’Avranches (dir.)
  • « Aux mânes du général Valhubert », poème, p.1 dans « Gloires militaires de la Révolution Française », <lire en ligne>
  • « Prospectus – Dans la littérature et les arts », 4 pages dans La Jeune Europe, revue du progrès, <lire en ligne>
  • Lettre au citoyen, vindication contre la Restauration, Paris, 28/3/1834, Lettre du carton CC617 des Archives Nationales de Paris: papiers saisis chez André Marchais, rédacteur-en-chef de La Tribune, <lire en ligne>
  • un des principaux rédacteurs dans Le Navigateur, Avec Joseph Morlent, Édouard Corbière (fondé par Morlent, dirigé par Corbière.), Le Havre, 1829–1834, mensuel, 1e numéro le 01/04/1829 en 21.5cmx14
  • nombreux articles et plusieurs nouvelles dans La France Maritime, Avec Amédée Gréhan, Jules Lecomte, ca. 1834, Gréhan: fondateur et directeur, Lecomte: rédacteur en chef et fondateur, réédité :
    • Amédée Gréhan (dir.) (collectif), La France Maritime, Postel, Paris, 1834-1835, 2 volumes
    • Amédée Gréhan (dir.) (collectif), La France Maritime, Postel, Paris, 1837-1842, 4 volumes <lire en ligne>
    • Amédée Gréhan (dir.) (collectif), Album maritime, Baillieu, Paris, 1838, quarante superbes gravures sur acier dessinées par MM. Morel-Fatio, Gudin, Garneray, Isabey, et al.
    • Amédée Gréhan (dir.) (collectif), La France Maritime, Dutertre, Paris, 1853, 4 volumes
    <lire en ligne>
  • « Un drame sur les pontons », récit, 2 vol., in-8° dans La France Maritime, Avec Amédée Gréhan, Jules Lecomte, ca. 1834, Gréhan: fondateur et directeur, Lecomte: rédacteur en chef et fondateur, op. cit., annoncé dans ce magazine et en monographie, publication incertaine. Il est possible que ce soit en fait le récit « Prisons d’Angleterre – évasion » retrouvé dans une ré-édition de la revue (1837, vol. 1, p. 184), réédité :
    • « Un drame des pontons », (1849) dans La Voix du Peuple, Pierre Joseph Proudhon (dir.), Marseille, 1848
  • Gaud, le bon ami, La France Maritime, Avec Amédée Gréhan, Jules Lecomte, ca. 1834, Gréhan: fondateur et directeur, Lecomte: rédacteur en chef et fondateur, op. cit., <lire en ligne> dans La France Maritime, Avec Amédée Gréhan, Jules Lecomte, ca. 1834, Gréhan: fondateur et directeur, Lecomte: rédacteur en chef et fondateur, op. cit., réédité :
    • « Gaud le pêcheur » dans « Sur nos grèves » dans : Trente-deuxième série, Musée littéraire, choix de littérature contemporaine française et étrangère, Les Bureaux du « Siècle », Paris, n°32, in-4°, <lire en ligne>, recueil de quatre histoires : “Berthe la maréyeuse”, “Maître Blanchard le douanier”, “Gaud le pêcheur”, “Loïk l’enfant des côtes”
  • Deux Martyrs, Hippolyte Souverain éditeur, Paris, 1835, 2 vol., in-8° <lire en ligne>, réédité :
    • Lécrivain et Toubon, Paris, 1862, Gr. in-8°, 47 p. à 2 col., couv. illustrée, fig.
  • « Berthe la maréieuse » dans La France Maritime, Avec Amédée Gréhan, Jules Lecomte, ca. 1834, Gréhan: fondateur et directeur, Lecomte: rédacteur en chef et fondateur, op. cit., réédité :
    • « Berthe la mareyeuse » dans Le Granvillais, hebdomadaire, 6 novembre 1869 au 5 mars 1870
    • « Berthe la maréyeuse » dans « Sur nos grèves », dans : Trente-deuxième série, n°32, op. cit., <lire en ligne>, recueil de quatre histoires : “Berthe la maréyeuse”, “Maître Blanchard le douanier”, “Gaud le pêcheur”, “Loïk l’enfant des côtes”, op. cit.
    • (Préface: Jacqueline de Laborderie, Baptiste Marcel; direction et bibliographie: Baptiste Marcel), Association des Amis de la Haute Ville, Granville, 22/9/2007, <présentation en ligne>
  • Avec Les défenseurs des accusés d’avril, et al. (collectif), « Aux prisonniers d’Avril » dans La Tribune politique et litéraire, n°131 (11/5/1835), In carton CC 859 des A.N., <lire en ligne>, Publiés le même jour dans Le Réformateur. 91 noms signait cette lettre dans La Tribune, il y en avait 18 de plus dans Le Réformateur., réédité :
    • Avec (inconnu), « Adresse des défenseurs libres aux accusés d’avril », p. 1 dans Le Propagateur, journal politique, littéraire et commercial du Pas-de-Calais, n°66 (13/5/1835), 7e année. In carton CC 859 des A.N.
  • Avec Jules Lecomte, Chroniques de la marine française, 1789 à 1830, Hippolyte Souverain éditeur, Paris, (1836–1837), la collaboration de Jules Lecomte s’est limitée à la co-conception du projet, du caractère et du plan. 5 tomes : tome Ⅰ–Ⅱ : « sous la République », tome Ⅲ : « sous le Consulat », tome Ⅳ–Ⅴ : « sous l’Empire ». Un tome supplémentaire était annoncé en 1850 : « sous la Restauration ». La suite de ces chroniques sera publiée dans le feuilleton du Siècle en 1855 pour la période contemporaine, 5 vol., in-8° <présentation en ligne> <lire en ligne>, réédité :
    • « Chroniques de la marine française, tome “Empire” » dans : Quarante-quatrième série, Musée littéraire, choix de littérature contemporaine française et étrangère, op. cit., Paris, n°44 (1870), in-4°
    • « Chroniques de la marine française, tome “République” » dans : Musée littéraire, choix de littérature contemporaine française et étrangère, op. cit., Paris, in-4°
    • Chroniques de la marine française, Les Bureaux du « Siècle », Paris, 1877, tome « République », in-4°
  • Marceline Vauvert, Hippolyte Souverain éditeur, Paris, 1837, (nombreuses rééditions 1865–1876), 2 vol., in-8°, réédité :
    • « Marceline Vauvert » dans : Trente-et-unième série, Musée littéraire, choix de littérature contemporaine française et étrangère, op. cit., Paris, n°31, in-4°, <lire en ligne>
    • Hippolyte Souverain éditeur, 1838, in-8°
  • « Charité ! », E. Tostain, Avranches, 7 p., <lire en ligne>, poème
  • Obsèques et cérémonies funèbres de M. Lesplu-Dupré, curé d’Avranches, archidiacre, chanoine honoraire, grand-vicaire de Mr l’évèque de Coutances, membre de l’Ordre de la Légion d’Honneur, E. Tostain, Avranches, 1837, 20 p. <lire en ligne>
  • dans : Hégésippe Moreau, Le Myosotis, Paris, 1838, in-4°, [avant-propos]
  • « Mémoire sur la baie du Mont-Saint-Michel », (1840), p. 111–121 dans Ann. Norm.
  • Sur nos grèves, 1840, 2 vol., in-8°, réédité :
    • dans : n°32, op. cit., <lire en ligne>, recueil de quatre histoires : “Berthe la maréyeuse”, “Maître Blanchard le douanier”, “Gaud le pêcheur”, “Loïk l’enfant des côtes”, op. cit.
  • Avec M. Carle, Mme Augusta Carle (collectif), Pétition des époux Carle, 1841, en soutien à Auguste Blanqui, Armand Barbès, Martin Bernard et les autres prisonniers politiques du Mont-Saint-Michel
  • Annuaire d’Avranches, première année, E. Tostain, Avranches, 1842, édition unique, 3 parties : almanach (88 p.), histoire, guide du voyageur et environs d’Avranches (207 p.), annuaire d’Avranches et villes voisines (61 p.), in-18 de 356 p. <lire en ligne>, réédité :
    • Histoire d’Avranches, suivie du guide du voyageur dans cette ville et dans ses environs, E. Tostain, Avranches, 1842, réédition partielle de l’annuaire d’Avranches, 1 vol., in-8°
  • « Mémoire sur le camp romain, dont les ruines couronnent la hauteur dite “le Chatellier”, dans la commune du Petit-Celland », (1842), p. 161–192, t. 1 dans Société Archéologique d’Avranches, réédité :
    • Mémoires de la Société archéologique d’Avranches, E. Tostain, 1842, 1 vol., in-8°
    <lire en ligne>
  • Histoire archéologique, géologique et pittoresque du Mont-Saint-Michel, au péril de la mer, E. Tostain, Avranches, 1843, orné de quatre lithographies, avec un plan du Mont-Saint-Michel, prix éditeur : 5 F. (réédité en 1849), 1 vol., in-8° de 376 pages <lire en ligne>
  • « Vallée de Brouains, correspondance du 3 novembre 1844 » dans Journal d’Avranches, (17/11/1844), Avranches, p. 3
  • Aux électeurs de la Manche, 1848, affiche électorale, profession de foi pour des élections locales., <lire en ligne>
  • Histoire du Mont-Saint-Michel, comme prison d’État, avec les correspondances inédites des citoyens : Armand Barbès, Auguste Blanqui, Martin-Bernard, Flotte, Mathieu d’Épinal, Béraud, etc., Paul Permain et Cie, Paris, 1849, 1 vol., in-8° de 372 pages <lire en ligne>
  • Histoire démocratique de la révolution de février 1848, Paul Permain et Cie, Paris, 1850, (publiée aussi dans Les Veillées du peuple d’Auguste Blanqui), 2 vol., in-8°, planche <présentation en ligne>
  • Sisyphe, ïambes, Paul Permain et Cie, Paris, 1850, recueil de poésies, in-8°, ⅩⅩⅩⅡ-302 p. <présentation en ligne>
  • Le Siècle, Armand Dutacq (dir.), Paris, (1836–1932), quotidien, Chroniques de la marine française, de 1815 à 1848, à partir du n°5472 du 20/11/1850, en feuilleton <lire en ligne>
  • Mystères du grand monde, histoire des palais, prisons d’État, abbayes, salons, etc., Librairie historique illustrée, Paris, 1851–1853, 8 vol., gr. in-8°, pl. grav. de T. Johannot <présentation en ligne>
  • Lettre de Fulgence Girard à sa femme : « Les jours se succèdent », 01/1854, Jour du mois illisible (2x : unité effacée). Lieu de départ effacé, probablement Paris, 1 feuillet plié en 2 : 3p. de texte, 1p. d’adresse
  • Lettre à Madame Fulgence Girard "Ma toute chérie", Sl, 22/1/1854
  • Lettre à Mme Fulgence Girard : « Ma bonne amie », Paris, 26/1/1854, 1 feuillet plié en 2 : 3p. de texte, 1p. d’adresse
  • Lettre à Mme Fulgence Girard “On ne peut rien te cacher, chère rusée”, Paris 13, 02/2/1854, un feuillet plié en deux, 3p. manuscrites + 1p d’adresse, cachetée cire
  • collaborateur (1855) dans Le Siècle, Armand Dutacq (dir.), (1836–1932), op. cit.
  • « L’Engrenage » dans Les feuilletons du “Siècle”, dans Le Siècle, Armand Dutacq (dir.), (1836–1932), op. cit.
  • « Chronique de la province et de l’étranger » dans Le Monde Illustré, 1857–…, <lire en ligne>, rubrique régulière, plus collaboration régulière et de nombreux articles hors de cette rubrique
  • Avec le vicomte O’Héguerty, Histoire générale anecdotique, pittoresque et illustrée de la guerre d’Italie, rue de Madame, Paris, 1859, in-4°, avec gravures, fig.
  • Avec Th. Viéville, Histoire générale anecdotique, pittoresque… de la guerre d’Italie, contenant toutes les pièces officielles, notes et documents authentiques… par Fulgence Girard et continuée jusqu’à la paix de Zurich par Th. Viéville, Impr. de C. Noblet, Paris, 1860, avec le vicomte Henry O’Héguerty non crédité, Gr. in-8° avec gr., 405 p., fig.
  • L’Histoire du Second Empire, tome I, H. Morel, Paris, 1861, seul volume paru, in-8°, ⅩⅥ-448 p., portrait de Napoléon III, pl. <présentation en ligne>
  • (post-face d’Eugène Sue), Un corsaire sous l’empire, A. Bourdilliat et Cie, Paris, 1861, Bibliothèque nouvelle. Cette histoire a été écrite au plus tard en 1857, in-18, 296 p. <lire en ligne>, réédité :
    • dans : Musée littéraire, choix de littérature contemporaine française et étrangère, op. cit., Paris, n°24 (1861), existe aussi en in-8°, in-4°
  • Divinité du Christianisme, 1867, sous forme de lettres, in-8° <présentation en ligne>
  • « Giulia Falcom » dans : Trente-deuxième série, n°32, op. cit.
  • Avec G. de la Landelle, Auguste Ricard, et al. (collectif) (autre co-auteurs: Marie Aycard, A. de Bougy, Henry de Kock, Alexandre Dumas (1802-1870), Eugène Sue, Fenimore Cooper), Romans populaires illustres, Gustave Barba, Date 188? <présentation en ligne>
Avec les recherches d’Olivier de Laborderie et Emmanuel Collignon
Gravure extraite de « Histoire d’Avranches, suivie du guide du voyageur dans cette ville et dans ses environs »
Extrait de l’annuaire d’Avranches

 

Gravure extraite de « Historique archéologique, géologique et pittoresque du Mont-Saint-Michel, au péril de la mer »
Au Mont-Saint-Michel

Correspondance

Eugène Sue
Eugène Sue
  • Correspondance avec Eugène Sue
    Fulgence Girard admirait Eugène Sue, socialiste et auteur renommé de romans maritimes et autres. Il lui demandait de relire ses essais, et nous avons retrouvé dans les œuvres de Fulgence Girard, les lettres d’Eugène Sue, utilisées en guise de justificatifs ou de préface.
Alexandre Dumas
Alexandre Dumas
  • Correspondance avec Jules Lecomte
    • Lettre de Jules Lecomte
      Alexandre Dumas (père) faisait partie des contributeurs de la revue Le Monde Illustré. Dans une lettre truculente à Fulgence de son ami Jules Lecomte, ce dernier raconte que Dumas, à Florence, lui était ouvertement hostile et calomniateur, au point qu’il a dû le souffleter violemment. Cette lettre a été retrouvée par Bernard Guyon Le Bouffy.
    • Lettre de Jules Lecomte en justificatif des Chroniques de la marine française, tome “République”
      Dans cette lettre, Jules Lecomte explique comment et pourquoi, bien que crédité comme co-auteur de cet ouvrage, sa collaboration ne s’est en fait limité qu’à la co-conception du projet, du caractère et du plan.
      Cliquez ici pour accéder à ce texte dans l’œuvre en ligne : Justification et introduction dans les Chroniques de la marine française, tome “République” (pp. 1 – 6).
Révolte des Canuts à Lyon, avril 1834
La Monarchie de juillet est secouée de troubles civils nombreux et violents
  • Correspondance avec les emprisonnés politiques au Mont-Saint-Michel de la Monarchie de Juillet
    Après l’insurection de mai 1839, les meneurs, membres de la Société des saisons sont emprisonnés au Mont-Saint-Michel. Il s’agit d’Armand Barbès, Auguste Blanqui, Martin Bernard. Flotte, Mathieu d’Épinal, Béraud, et d’autres y seront aussi emprisonnés.
    Girard est ami de Barbès, Blanqui et Bernard ; et en même temps il soutient leurs idéaux. Il entretien avec eux une correspondante secrète, qu’il racontera plus tard, avec le récit de leur incarcération, dans son livre Histoire du Mont-Saint-Michel, comme prison d’État […].
    À cette correspondance publiée il convient de rajouter la lettre suivante de Martin Bernard à Girard (1844), retrouvée par Pierre Baudrier.
Presse typographique
C’est une "civilisation de la presse" qui émerge au XIXe siècle. Littérateurs, scientifiques, hommes politiques, activistes, chefs d’entreprise se précipitent sur ce média de masse, dont le large recours à l’illustration renforce la popularité.
  • Correspondance avec les revues politiques
    Nous avons évoqué les contributions de Girard au monde de la presse des périodiques du XIXe siècle. Les débats politique se jouaient dans la presse, et Girard n’était pas en reste dans le jeu des discussions, contributions, etc.
 
  • D’autres travaux sont en cours par Maurice Meunier, sur la base de la correspondance de Fulgence Girard, nous vous tiendrons au courant.

Épitaphe

Tombeau de Pierre Fulgence Épitaphe sur la stèle tombale au cimetière de Bacilly :
Viens à moi toi dont l’âme à la peine asservie
chemine sous son poids sans trêve ni merci.
Je te soulagerai moi, la voie et la vie.
Vous l’avez dit mon Dieu, confiant, me voici.

Ô vous qui m’aimiez, que j’aimais et que j’aime
Que votre cœur ici ne s’ouvre qu’à l’espoir
La tombe… c’est le port de la plage suprême
Le terme de l’exil… En Dieu donc, au revoir


Ses articles dans Le Monde Illustré

Le Monde illustré était une revue que Fulgence Girard contribua à fonder. Cette revue parût pour la première fois le 17 avril 1857, et était signée :
MM. Alexandre Dumas, Méry, Gozlan, Amédée Achard, Paul Féval, André, Mary Lafon, Roger de Beauvoir, Ch. Monselet, Saintine, Fulgence Girard, Albéric Second, Xavier Aubryet, Louis Ulbach, J. Doucet, Ch. d’Argé, Champfleury.
Mmes George Sand, Louise Colet, Manoël de Grandfort, Constance Aubert, etc., etc.

À cette époque, à la fois les moyens techniques de communication s’industrialisent, et le public cherche à se cultiver. Un besoin existe pour le genre de revue que sera le Monde illustré comme l’explique l’éditorial du numéro 1 :

  Le goût public… devenu plus avide, plus chercheur, plus insatiable que jamais ! – le public auquel il faut du nouveau, du surprenant, de l’imprévu…, et qui veut ardemment repaître les yeux de sa chair en même temps que les yeux de son esprit.
Quant aux moyens de le satisfaire… ils se sont multipliés par la facilité que la vapeur et l’électricité ont donnée à la circulation des nouvelles…
Lire la suite
La revue survécut à ses fondateurs ; le dernier numéro que nous ayons retrouvé est le numéro 4489, daté du 11 décembre 1948.

Trouvez ci-dessous la liste des articles de Fulgence Girard publiés dans la revue, jusqu’au premier semestre 1858. Cette liste est en construction. Elle est complète pour 1857 et partielle pour le premier semestre de 1858 (période dont l’inspection de la revue est incomplète). Le contenu de certains articles est disponible : cliquez sur ceux marqués en couleur pour y accéder.

Lors de nos travaux, nous avons aussi relevé de cette revue des articles d’autres auteurs pour diverses raisons. La liste complète des articles relevés se trouve là : Liste d’articles du Monde Illustré.

Voir en fin de liste la légende des astérisques.

Légende de la liste ci-dessus

Ses articles dans La France Maritime

La France Maritime était une publication de quatre gros volumes, publiés sous forme de livraisons, à la manière d’une revue (hebdomadaire, selon internet [abnfm]). Revenons sur son histoire…

La première vraie revue de marine en France s'appelle les Annales maritimes et coloniales, fondées par le savant Bajot en 1816, et publie des communiqués officiels, des récits et des variétés d'évènements marins. Cette revue ne touche que le public spécialisé, et est suivie en 1829 par le Navigateur (M.J. Morlent du Havre, Édouard Corbière), qui inclut de la litérature marine (on disait alors la litérature nautique). Le Navigateur n'a pas non plus de retentissement à l'intérieur du pays. En 1833, la direction en est transportée à Paris, où Jules Lecomte la reprend et en change le titre qui devient Revue maritime. Cette même année paraît un autre mensuel : le Journal de la marine, comparable à ses prédecesseurs, mais un peu plus politique.

À cette époque, la marine française est en disgrâce. Décimée à la fin de l’Empire, elle n’avait pas repris le panache qu’elle avait auparavant, et elle subit des menaces d’abandon de la part des deux chambres gouvernementales. En 1834, conscient que la marine est un atout majeur dans le développement des nations, Amédée Gréhan, sous-chef de bureau au ministère de la marine, et Jules Lecomte, fondent la France Maritime. Leur but est de faire connaître la valeur de la marine, de ses hommes, des ses succès militaires et scientifiques, d’éradiquer les préjugés. Ils s’associent les plumes de marins littérateurs (Eugène Sue, Édouard Corbière…), d’écrivains ayant connaissance du domaine (Karr, Fulgence Girard, Vérismor, Paul Féval…), et le burin d’illustrateurs dévoués (Gudin, Isabey, Garnerey…), tous très talentueux. Parmi les autres contributeurs on rencontre Chateaubriand, Henri Martin.
On trouve dans ses pages des articles sur l’Histoire et la géographie, des récits d’évènements marins, des vulgarisations de techniques et de faits de société du monde maritime, des biographies de marins célèbres, des articles sur la construction navale, l’histoire naturelle, avec en plus quelques fictions sur le même thème.
Ses efforts sont récompensés par un grand succès à la fois public et critique. Renommée à la fois pour ses textes et ses illustrations, elle réussit son objectif de redonner à la marine sa grandeur et le respect au sein du public.
Suite à certains obstacles personnels et extérieurs, les livraisons s’arrêtent (à un moment peut-être entre 1837 et 1839), alors que le compte des quatre tomes promis n’est pas atteint. Elles reprendront un peu plus tard, il semble en 1841, et le quatrième tome paraîtra en 1842. Preuve que leurs contributeurs étaint des hommes de terrain, certains manquent à l’appel : Louis de Meynard de Queille tué dans un duel aux Antilles, le capitaine Luco assassiné par des Malais pour une cargaison de piastres à Sumatra, l’illustrateur Ferdinand Perrot mort à l’étranger sans avoir pu faire parvenir ses derniers travaux.
La publication est aujourd’hui un classique ; elle est recherchée beaucoup pour ses gravures, la plupart du temps en pleine page ; certains collectionneurs n’hésitaient pas à démantibuler les ouvrages pour revendre les gravures à l’unité.
Les textes sont pourtant remarquables et tous ou presques dignes d’intérêt encore de nos jours. Il est cependant dommage que cette publication n’ai pas eu plus d’exégète ou d’historien, car les détails de l'histoire de sa publications sont rares, et elle mérite aujourd’hui mieux que cette confusion. L’édition de 1837-1842 en volume a été numérisée par Google Books, ce qui permet aujourd’hui de la lire dans leur intégralité (en suivant les liens ci-dessous).

Références bibliographiques

Liste des articles de Girard

Voici la liste des articles de Fulgence Girard que nous avons retrouvés dans ces publications. Les tables des matières contiennent beaucoup d’erreur, alors il est possible que certains articles nous soient passés inaperçus. Ces articles ont été retrouvés dans les éditions en volume et nous en donnons la référence. Nous n’avons pas trouvé sous forme de livraison, et nous ne connaissons donc pas les dates de sortie des articles.
Le contenu de certains articles est disponible : cliquez sur ceux marqués en couleur pour y accéder, soit sur notre site (), soit chez Google Book ().
Les parties entre crochets ont été rajoutées par mes soins (NdA) comme points de repère ou remarque.
  • « Le Mousse » (Métiers de la mer), (édition 1837, vol. 1, p. 4)
    • Girard décrit avec amertume le métier de mousse en général, puis dans la marine militaire. C’est un métier très difficile où le jeune garçon d’environ 10 ans est corvéable à merci par chacun des hommes d’équipage, qui ne se gênent pas d’alourdir ses tâches par des coups, insultes et brimades fréquentes.
  • « Garde-pêches attachés aux côtes de France » Pêches (édition 1837, vol. 1, p. 45)
    • Description d’un affrontement entre des garde-pêche et des marins anglais ne respectant pas la répartition des zones de pêche
  • « Mise à l’eau d’un navire » (Construction et équipement), (édition 1837, vol. 1, p. 94)
    • Souvenir d’enfance, mise à l’eau, à Granville, en 1815/1816, d’un navire armé par son père, où il parle de sa cousine Augustine Victor Marie La Houssaye (1808-1822).
  • « La Martinique » (Géographie), (édition 1837, vol. 1, p. 113)
    • Il se plaint que les colonies sont mal-gérées en général, coûteuses et que leur apport économique est sur une pente décadente. Il propose d’élever le niveau des locaux au rang de partenaires commerciaux et non plus d’asservis, puis il ironise sur l’origine et la justification de l’esclavage.
  • « Scènes maritimes », (édition 1837, vol. 1, p. 122)
    • Description d’un navire de pirates la Bayadère, puis de sa sévère dégradation à la suite d’une tempête terrible et soudaine. Rencontre d’une voile ennemie anglaise qui l’engage, court combat qui tourne à l’avantage de la corvette anglaise. À l’instant suprême, la Bayadère parvient à renverser l’issue du drame.
  • « Le Mont-Saint-Michel » (Histoire), (édition 1837, vol. 1, p. 157)
    • Description de la baie du Mt-St-Michel: le mont, la rare faune et flore, la géologie. Rappel du funeste usage du mont en tant que prison, de ses cellules, de l’actuelle ville, de ses habitants et de ceux des alentours de la baie. Fondation en tant que lieu saint depuis l’époque gauloise, puis romaine. Christianisation. Inondation de la baie, autrefois forêt, et dissertation sur ses causes, dont in fine il donne l’explication plausible suivante. La forêt était une dépression, et la plage qui la séparait de la mer faisait digue naturelle. Rongée par l’action de la mer depuis tant d’années, elle fût un jour percée par une tempête.
  • « Calais » (Géographie), (édition 1837, vol. 1, p. 164)
    • [signé A.G., mais la table (p. 279) le dit de Fulgence Girard. Il y a donc incertitude] Résumé de l’Histoire de Calais depuis l’archéologie jusqu’au XVè siècle, puis présentation géographique
  • « Le somnambule » (Histoire), (édition 1837, vol. 1, p. 174)
    • Court récit d’un corsaire, le Somnambule, dédié aux prises de commerce, qui rencontre, à cause de l’imprudence et de l’influençabilité de son capitaine, une corvette anglaise qui la coule sans péripétie.
  • « Prisons d’Angleterre – évasion » (Récit), (édition 1837, vol. 1, p. 184)
    • Long récit d’histoire vraie découpé en trois parties, et en 21 chapitres. I – description des pontons anglais [bateaux-prison pour les prisonniers de guerre, surtout français], de M. Havas, français, et de la capture rapide du Furêt où il est lieutenant. II – Il cherche à préparer un plan d’évasion et est rejoint par un certain Souville aux mêmes dispositions. III – Ils travaillent à percer leur mur en grand secret. Description de la morale, de la société des prisonniers et de leur justice. IV – Les préparatifs sont terminés, le moment propice se présente ; ils s’évadent mais sont repérés à leur sortie du navire dans l’eau glacée. V – Les deux évadés sont pris, l’un immédiatement, l’autre le lendemain matin là où il s’était caché pour passer la nuit. VI – Havas et Souville sont mis au cachot puis rendus à la condition générale, mais sous haute surveillance. VII – Voulant profiter d’une libération de prisonniers, ils prennent la place de deux matelots libérés, mais sont reconnus à terre. VIII – Après le cachot, Havas et Souville sont séparés, puis réunis par le hasard sur un autre ponton. Un 3e homme se joint à leur plan. Havas se lie avec un geôlier écossais francophile, ce qui lui adoucit sa condition. IX – Après avoir apprivoisé la petite fille du capitaine, Havas séduit l’épouse, Maria. X – Maria obtient pour Havas une permission avec l’Écossais à l’occasion d’un spectacle à terre. XI – Maria et Havas passent un moment romantique à terre, tandis qu’il en profite pour mémoriser les petits chemins de l’arrière pays en vue de son évasion. XII – Souville et Havas s’échappent de nouveau par la mer de nuit, cette fois sans éveiller l’attention. XIII – Ils doivent traverser des bancs de vase mortels, auxquels ils s’étaient préparés, mais qui manquent de leur être fatals. XIV – Ils quittent la berge, mettent les vêtements préparés à l’avance, et regagnent les voix de communication jusqu’à une auberge. XV – Se faisant passer pour de riches dandys anglais, ils passent leur première nuit dans un hôtel cossu de Petersfield et préparent leur départ en voiture. XVI – Ils arrivent à Brigtown après trois jours de voiture, mais doivent continuer par la route faute d’avoir trouvé d’embarcation adéquate. Ils se voient contraint dans la ville suivante de côtoyer de nombreux officiers et autres dangers. XVII – Souville séduit une co-voyageuse de la diligence et profite de cette relation, une fois arrivé à Hastingue, pour y explorer les environs. A la recharge d’une embarcation, ils manquent de se faire prendre. XVIII – Ils continuent à pied vers Folstown, réputé pour ses contrebandiers, où ils éveillent des soupçons après une longue et fatigante marche. XIX – Souville retrouve là un capitaine anglais qui lui devait une faveur. XX – Le capitaine et sa famille les accueillent généreusement, les soigne, les dorlote, les ré-équipe, et leur donne une embarcation. XXI – Ils regagnent la côte française, poussent jusqu’à Calais où Souville retrouve sa famille, après la tracasserie de la police du port qui refusait de les faire rentrer au motif qu’ils n’ont pas de passeport, ni de visa anglais.
  • « Supplice de la cale », (édition 1837, vol. 1, p. 194)
    • Il critique la sévérité des lois et se lamente sur la lenteur de leur évolution, même dans les sociétés qui se modernisent et dont les mœurs des hommes se sont adoucies (nul doute qu’il est fait référence là au formidable progrès dont son époque est baignée - NdA). Prenant exemple dans une scène qu’il date de la Restauration, il raconte comment une simple scène d’impertinence, d’insubordination ou de rixe d’ivrogne envers un gradé, tourne en manège juridique lamentable et mène les deux marins fautifs au supplice de la cale, qui consiste à les précipiter à la mer alourdis de boulet depuis un point haut.
  • « Gravelines » (Géographie), (édition 1837, vol. 1, p. 214)
    • Description de l’Histoire et de la situation géographique de Gravelines, y compris des écluses remarquables
  • « Berthe la Maréieuse » (Nouvelle), (édition 1837, vol. 1, p. 227)
  • « Mœurs des populations maritimes » (Mœurs maritimes), (édition 1837, vol. 2, p. 12)
    • Description des mentalités des côtiers. Ils connaissent excellemment bien leur Histoire locale. Description de leur constitution (anatomie), jusqu’au point de dire de ces femmes qu’elles sont “généralement bien faites” mais qu’elles ont “peu de développement des muscles mammaires”. Dans cette époque de progrès, l’immobilisme est de mise dans ces régions, résultat de leur imprégnation à la vie de marin, excessivement monotone et régulée par nature. Et de conclure que pour faire connaître ces mœurs, il faut les mettre en fiction, comme il l’a fait dans le volume précédent avec Berthe la maréieuse (et comme il le fera plus tard dans ce volume avec Gaud le bon ami, NdA).
      La partie descriptive de l’article a été reprise quasiment à l’identique dans l’introduction de Sur nos grèves (la lire ici), tronquée de la remarque sur les seins. En 1849 dans son livre sur le Mt-St-Michel prison d’État, il aura l’occasion de parler d’une pêcheuse Montoise : la femme d’Élie (p367), dont il dira qu’elle ressemble aux femmes de Rubens ; son opinion a donc peut-être changé sur le sujet entre temps… ☺
  • « Gaud, le bon ami » (Mœurs maritimes), (édition 1837, vol. 2, p. 29)
    • Long récit découpé en deux parties (p29, 53) et 7 chapitres. Une version plus longue de cette histoire a été résumée sur cette page.
  • « Flottille de Boulogne. Une campagne de Lord Nelson » (Histoire), (édition 1837, vol. 2, p. 40)
    • Long article en plusieurs chapitres. 1 – Nelson. L’auteur s’excuse de devoir faire un article élogieux sur Nelson, un ennemi. 2 – la flottille. Sous le directoire, le 1er consul (Bonaparte) cesse la guerre contre l’Angleterre, mais commence à préparer à Boulogne, sur les rives de la Zianne, un port de guerre et une grande flottille pour une future invasion qui semble prête fin printemps de l’an IX (800/801). Les Britanniques préparent leur défense, rameutent et renforcent leurs forces marines. Nelson en reçoit le commandement. Bonaparte fait rassembler ses autres forces à Boulogne. Ces va-et-vient causent des engagements. 3 – Affaire du Cap Grinez. Récit d’un engagement. Sept navires bloqués à Calais par les Anglais doivent regagner Boulogne. Le capitaine de frégate Miratès fait installer des batteries sur les points hauts, puis fait appareiller de nuit. Il est repéré par les Anglais qui le rejoignent, mais avant que le combat s’engage, il fait éclairer ses navires en hissant des fanaux, ce qui permet aux batteries de pilonner les Anglais, forcés de fuir. 4 – Le cabinet de Saint-James. L’Angleterre, se sentant menacée, envoie Nelson à la tête d’une forte escadre de 41 navires, pour détruire la flottille de Boulogne, encore peu nombreuse. Ce rassemblement affaiblit dangereusement leur défense territoriale. 5 – 1re attaque : bombardement. L’escadre de Nelson arrive le 2 août, puis attaque plusieurs fois en vain la défense mis en place par l’amiral Latouche-Tréville. 6 – 1re attaque : combat de nuit. Nelson réquisitionne péniches et barques et tente le 15 août de débarquer des combattants à pied, qui devront d’abord passer la barre des navires. Après des combats sanglants, c’est un échec. La ville fait une cérémonie militaire le 31 août pour célébrer leur victoire.
  • « De la marine sous les deux premières races des rois de France » (Histoire), (édition 1837, vol. 2, p. 67)
    • Histoire de la marine de notre territoire à l’époque Francque (1e race), puis carolingienne (2e race). Batailles contre les Maures (807) puis Venise (810), consolidation de la défense des côtes (800-810), lutte contre les Normands. Résistance aux invasions barbares et pirates (865 sous Charles le Chauve), échecs. Ravages de nos terres le long des plages et des fleuves. Description des armements et tactiques de combat de ces époques (navires à rames).
  • « Premier Général des galères » (Histoire), (édition 1837, vol. 2, p. 76)
    • Biographie de Prejent de Bidoulx. Remarqué en 1500 contre les Turcs, puis contre l’Espagne où il remporte plusieurs victoires (1502-1503). Nommé Général des galères à cette époque. Victorieux à Gênes (1507-1510) et dans la guerre contre l’Angleterre. Gênes encore, puis il sert au service des “vaisseaux de la religion”. Il aborde une galiote turque en 1528, libérant “150 chrétiens qui gémissaient sous (leurs) fers” mais décède peu après (août 1528) de blessures reçues là.
  • « Étretat » (Géographie), (édition 1837, vol. 2, p. 79)
    • Étretat est sur un site favorable, non exploité par les gouvernements. L’empire envisagea d’y construire un port important mais la révolution de 1814 [abdication] a tout interrompu. C’est néanmoins une ancienne cité gauloise puis romaine. Son église.
  • « Croyances » (Mœurs maritimes), (édition 1837, vol. 2, p. 93)
    • Les pêcheurs et en général les marins de Normandie et Bretagne sont très pieux, sauf lorsqu’ils sont intégrés à un équipage de l’État. Ils prient principalement la Vierge, surtout lorsque les navires sont désemparés, et qu’ils s’en “remettent à Dieu”. Ils font aussi parfois un voyage vers telle ou telle côte dominée par quelque chapelle renommée, pèlerinage par lequel ils s’acquièrent les bonnes grâces de la Dame. Gravure d’un tel pèlerinage, même sous la tempête.
  • « Pen-Marck » (Géographie – Sémaphore de Penmarc’h), (édition 1837, vol. 2, p. 206)
    • Pen-Mark [aujourd’hui Penmarc’h] était une riche ville, profitant du commerce de son poisson, jusqu’à sa mise à sac par Fontenelle [Guy Éder de La Fontenelle 1573-1602]. Après quoi, la concurrence d’autres sites de pêche (Amériques, Terre-Neuve) l’empêcha de se relever. Le site est désormais désolé, et les débris de son ancienne grandeur se retrouve partout dans les constructions actuelles. La seule représentation de la civilisation est le sémaphore : une tour au sommet de laquelle sont arborés des pavillons destinés à transmettre des signaux.
  • « Campagne de 1778 » (Histoire), (édition 1837, vol. 2, p. 234)
    • En 4 chapitres. 1 – Tableau de l’opinion publique en France au commencement de 1778. [c’est-à-dire au début de l’intervention française dans la guerre d’indépendance américaine, contre les Anglais]. La monarchie de juillet organise la recherche historique. Lettre d’un espion anglais (All’eye) : réticence des britanniques à une guerre ouverte contre la France. 2 – Combat de la Belle-Poule. Le 17 juin 1778, premier combat de la nouvelle guerre franco-anglaise, victoire de ce bâtiment (capitaine: M. de la Clocheterie) qui défait l’Aréthuse (Capitaine Marshall) qui était pourtant à vue de son escadre. 3 – Conduite de la cour à l’occasion de ce combat. La cour est fière de la Belle-Poule et tous les combattants et victimes sont honorés. Lettre du Ministre à la Clocheterie - IV – Grands préparatifs de guerre maritime. D’autres combats décident les Anglais de se raffermir. La France aussi renforce sa marine. Le duc de Chartres supervise les opérations de manière décadente. Les amirautés encouragent la course.
  • « État de la marine au commencement du règne de Louis XVI » (Histoire), (édition 1837, vol. 2, p. 298)
    • Tableau en 4 sections. Au commencement du règne de Louis XVI. La flotte française n’a cessé de subir des hauts et des bas : Philippe-Auguste (haut), défaite (bas), Louis XII (haut), Défaite de la Manche (bas), François 1er (haut), désarmement (bas), Louis XIV (haut et bas), Louis XVI (hauts et bas). La même alternance se retrouve dans les guerres sous la république et l’empire. Toulon en 1778. Quelques événements navals à Toulon, description de la construction de leur grande forme en bois, prouesse technique unique. Forces navales de Toulon en 1778. Liste de navires et d’effectifs.
  • « Granville » (géographie), (édition 1837, vol. 2, p. 361)
    • Histoire de Granville, auparavant appelé Cap Lihou, d’abord stérile rocher occupé par de pauvres pêcheurs rattachés au bourg de St-Pair, puis séparé en paroisse. 1050: le site s’enrichit grâce à la pêche, puis est constitué en seigneurie. Fondation de l’église. 1202. XIIe siècle : régression en cité vassale par le mariage de Jeannette de Granville à Raoul Dargouges. Site cédé à sire Thomas, sire d’Escala [1400-1460] en 1539 [faute de frappe 1439?] qui en fit une place forte anglaise. 1783. Réaction de la ville lors de la révolution [1789, mention des Le Perée, Girard, Lepelley “revêtus des hautes dignités municipales”] et des événements suivants. Attaque des Vendéens [évocation du général Regnier, de Lecarpentier, Lacour-Hugon, Lahoussaye, Clément-Desmaisons]. Guerre franco-anglaise (an XI) : Granville fait fuir l’attaque anglaise.
  • « Courses dans la Manche, sous la république » (Histoire), (édition 1837, vol. 3, p. 171)
    • Quelques exploits et mésaventures de corsaires français en 1797. Exploits de l’Unité de Boulogne (capitaine Carry, contre le Swan). Courage et bravoure du capitaine Laugier (23/04, massacré au port par Venise) et la vengeance de Napoléon plus tard, double combat du Prodige (28 juin) qui en enlève cinq prises. Naufrage de l’Enfant de la patrie disparu en Norwége. Affaire de l’Espiègle (CNE Duchesne) et le Rusé (CNE Formentin) contre un brig de guerre anglais le 21/12 (carnage).
  • « Bataille d’Aboukir. I » (Histoire), (édition 1837, vol. 3, p. 209)
    • Description précise de la célèbre bataille. 01/08/1789, une escadre française qui mouille en Égypte est prise à partie par une escadre anglaise commandée par Nelson. Déploiement de l’escadre anglaise, échanges de feu, héroïsme mais désastre français.
  • « Toulon livré aux Anglais » (Histoire), (édition 1837, vol. 3, p. 302)
    • État des flottes marines à cette époque : Espagne, Italie, Portugal. En danger de sous-nombre, la flotte française en méditerranée est rappelée. Une armée navale anglo-ibérique (commandant sir Hood [Samuel Hood 1724-1816]) vient bloquer la rade de Toulon. À Paris, les Girondins sont renversés par les Montagnards [31/05/1793]. Plusieurs villes se soulèvent dont Toulon (août 93). L’armée républicaine (commandée par le général Carteaux [Jean-François Carteaux 1751-1813]) étant en route, les rebelles prennent peur et offrent Toulon aux Anglais, ainsi que la flotte française, commandée par l’amiral Trogoff [Jean-Honoré de Trogoff de Kerlessy 1751-1794] qui s’y plie. Le contre-Amiral Saint-Julien s’y oppose, la flotte française se divise, les républicains (6 vaisseaux) quittent la rade. Les Anglais entrant dans Toulon qu’ils défendent contre l’armée républicaine [siège de Toulon sept-déc 1793]. Après que son commandant (“mollesse”, “lenteur”, “inhabileté”) eut été remplacé par “un général de tête et de main” [Jacques François Dugommier 1738-1794] qui a le jeune Bonaparte dans ses rangs, la république met les Anglais en déroute.
  • « Aspect de l’Europe maritime au commencement de l’Empire » (Histoire), (édition 1837, vol. 3, p. 386)
    • Intrigues dans les cours, diplomaties. Quatre frégates espagnoles chargées d’or sont prises par des voiles anglaises (“300 victimes assassinées en pleine paix”). Napoléon sait qu’il n’est pas aimé des cours voisines envisage de prendre l’Angleterre et fait construire la flottille de Boulogne (voir l’article sur ce sujet).
  • « Mont-Saint-Michel » (Histoire), (édition 1837, vol. 4, p. 86)
    • 3 chapitres. Fragments historiques. Rappel des précédents articles sur le Mt, et introduction des 2 sièges. Sièges du Mt-St-Michel 1091. Mort de Guillaume le Conquérant [ca 1027-1087] et partage de ses États entre ses trois fils Robert [Robert II de Normandie, ca 1051-1134, R.] devenu duc [de Normandie], Guillaume [Guillaume II d’Angleterre, ca 1060-1100, G.] devenu roi d’Angleterre et Henri [Henri Ier d’Angleterre, 1068-1135, H.] devenu riche mais sans souveraineté. R. ruiné vend l’Avranchin et le Contentin à H. H. renforce ses défenses et demande à G. une restitution d’héritage. Tout ceci inquiète R. qui le fait mettre en prison. Libéré, H. lui pardonne. Menacé par G., R. lui cède le Mt et Cherbourg, déjà cédé à H. auparavant. H. ne parvient pas à garder ces places, s’enfuit puis revient les prendre en force. H. au Mt: G. et R. en font le siège et les armées se battent sur les grèves. Incident par lequel le roi seul [G.] est pris à partie par trois cavaliers sur les grèves. Intrigues, diplomaties, G. se retire, H. se retire en France laissant le Mt à ses frères.[siègesdu M…] 1415-1433. Robert Jolivet [13xx-1444], élu en 1410 abbé du Mt, vivait une vie de plaisir. En 1415, le Mt est menacé par les Anglais et il doit en faire la défense. Il y construit des fortifications. Les Anglais prennent et fortifient Tombelaine en 1417. Lassé des rigueurs de la guerre, Robert se laisse acheter et quitte le Mt en 1420. Charles VII nomme Jean d’Arcourt [Jean VIII d’Harcourt 1396-1424] capitaine du Mt. Le chœur de l’église corrue en 1421. Jean prend son poste. Le Mt est le seul site de Normandie résistant encore aux Anglais qui lancent une offensive en 1423. Blocus terre et mer. Le duc de Bretagne envoie en secret et en célérité une flotte au secours du Mt. Combat naval, abordages, déroute de la flotte anglaise, puis départ de leurs troupes de terre. Ravitaillement du Mt, puis retour des Anglais, siège. Nombreuses et sanglantes escarmouches à chaque ravitaillement du Mt. Jean organise une attaque surprise et combinée d’un allié Jean de la Haye et des assiégés contre des patrouilles anglaises qui se trouve écrasées (“plus de 200 cadavres restèrent sur place”) après quoi les Anglais se terrent dans leurs forts assiégeants. Jean d’Arcourt est tué à la bataille de Verneuil [14/08/1424] et est remplacé par Jean, bâtard d’Orléans [Jean de Dunois 1402-1468], contesté en 1424. Les religieux du Mt renforcent leurs défenses sur leurs propres fonds. Les Anglais renforcent Tombelaine. Louis d’Ousteville [Louis d’Estouteville 1400-1464] remplace Jean le 02/09/1424. Il retire de la ville les femmes, les enfants et les prisonniers (17/11/24). Tombelaine est encore renforcée. À chaque marée basse, les Anglais y descendent jusqu’aux murailles du Mt. La communication n’est possible qu’au prix d’escarmouches et de combats. [C’est en juin ou juillet 1425 que les Anglais recrutent des combattants, dont Robert Jolivet, y compris à Granville, dont Damour Le Bouffy, qui touche 122 livres pour 30 jours, et font une terrible attaque, contre les Michelistes et les chevaliers bretons. Cette bataille navale n’est pas évoquée par Girard, mais dans Tombelaine: L’îlot de la baie du Mt-St-Michel Par Robert Sinsoilliez - NdA]. Nov. 1425 : d’Ousteville organise une “sanglante leçon de prudence” : une sortie surprise en force et culbute les Anglais, “le massacre fut horrible”. Les religieux gagent tous leurs accessoires précieux et renforcement leurs fortifications, construction de la porte, herse et pont-levis. Charles VII les encourage à la défense et, puisque isolés, les autorise à battre monnaie en 1426. Les Anglais se sont calmés jusqu’en 1433 : grande offensive de Sire Descales [Thomas de Scales ca 1400-1460] le 17 juin par grande marée basse, avec artillerie et machines. Combat terrible. Les Anglais sont repoussés. Les Normands les poursuivent sur les grèves. C’était la dernière attaque des Anglais, après laquelle ils se contentent de les surveiller depuis Tombelaine et leurs bastilles. [ce petit résumé à été repris dans l’article de wikipédia sur l’histoire de Mont]
  • « Mont-Saint-Michel - un drame sur les grèves » (mœurs des pêcheurs), (édition 1837, vol. 4, p. 215)
    • Description de la baie du Mt-St-Michel et du pays environnant: le mont, la flore, l’économie, la géologie, les oiseaux, coquillages et autres animaux (dont une certaine coque-cigrue), les dangers de la baie. L’article vire au récit. Marguerite Le Baffle. 1914: son fiancé Pierre Edom est assassiné, par Jacques Dubos, pense-t’on, étranger, amoureux éconduit de Marguerite. M. Le Baffle était républicano-bonapartiste et s’est manifesté pendant les 100j. Se présentant comme victime politique, Dubos manœuvre, se fait libérer et fait emprisonner Le Baffle par la Restauration. En 1816, Dubos court toujours après Marguerite sans succès. De dépit, il utilise un artifice pour la faire piéger par la marée montante dans la baie. Elle s’y noie, Dubos quitte la région, Le Baffle est toujours au Mont. Reprise du ton documentaire et de la description des dangers. Comment se rendre au Mont.
  • « Expédition des Anglais sur l’Escaut » Histoire (édition 1853, vol. 1, p. 366)
    • 1809. L’armée navale de l’île d’Aix a été défaite par les Anglais. Ils souhaitent poussent leur avantage contre l’escadre de l’Escaut et les sites de Flessingue et Anvers. Préparatifs. La défense d’Anvers est en construction. 29 juillet : départ et attaque. Défense de la place. Chute de Flessingue. Le reste de la flotte se replie décimée par les maladies. Scandale en Angleterre. Les Anglais tiennent toujours Flessingue en hiver, puis l’abandonnent pour les mêmes raisons le 26/12/1809.

Affaire du cutter L’Écureil de Granville in « Garde-pêches attachés aux côtes de France »


Mise à l’eau d’un navire. Dans la foule se trouve Fulgence Girard à 8 ans, parain du navire La Marie


St-Pierre en Martinique


Mont-Saint-Michel et pêcheurs sur la grève à marée haute. Girard sera très souvent ammené à décrire ce site dans ses textes


Le corsaire français Le Somnambule en combat naval rapproché contre une corvette anglaise


Les pontons anglais (navires prison pour les prisonniers de guerre)


Le supplice de la cale (on voit les malheureux suspendus à la vergue)


Graveline


Berthe la maréieuse


Boulogne-sur-Mer (vu des bords de la Liane)


Rivages de Normandie


Côtes de Normandie


Environs d’Étretat (Grande-Falaise).


Sémaphore de Pen-Marck (Finistère).


Granville (Manche)


Arrière d’un vaisseau ancien


Combat d’une division de cannonières


Avant d’un vaisseau ancien


Expédition du Tage


Les matelots à terre


Habitants des côtes de Bretagne


Jeunes habitants des côtes de Bretagne


Fort Saint-Louis à Toulon


L’État-major d’un vaisseau


Une chambre d’officier


Combat du Cygne contre les péniches d’une division anglaise


Sous-officiers d’un vaisseau


Grèves du Mont-Saint-Michel


Le retour de la pêche


Les matelots - une histoire du gaillard d’avant
Légende de la liste ci-dessus

Ses œuvres en ligne

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La copie PDF est la meilleure forme que j’ai réussie à exporter du site (mieux que la version TIFF), mais elle n’est pas aussi précise que la visualisation directe sur le site.

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