![]()
|
De son nom complet Pierre Fulgence Girard, avocat et homme de lettres, directeur de journaux littéraires, secrétaire de la société archéologique d’Avranches, né le 21 septembre 1807 à Granville, décédé le 10 avril 1873 de 65 ans à Bacilly où il est inhumé. Il est né de Nicolas Antoine Le Jeune Girard (1771–1835) et de Rosalie La Houssaye (1775–1865), il épousa le 3 février 1836, à Avranches, Adrienne Julie Desfeux (1817–1865), avec laquelle il eut quatre filles : Inès, Marcelline Marguerite (1837–1895), Julie, Marie. Il a habité 29 rue St-Jean à Granville et à La Broise, à Bacilly (Manche). Sa fille Marcelline Marguerite a eu trois enfants dont un fils, Fulgence Le Bouffy (1863–1938), qui eut quatre enfants : Henri (1895–1920), Yvonne (1896–1964), Marguerite (1901–2002) et Anne (1905–1970). Une autre fille, Marie (1893–1894) était née auparavant et morte en bas âge. Henri, Capitaine, est mort pour la France en 1920 des suites de blessure par balle reçue à la bataille de St-Quentin. L’auteur de cette page web est lui-même descendant de cette Yvonne Le Bouffy. ☺
Fulgence Girard a été directeur et principal contributeur du Journal d’Avranches, a été un des rédacteurs principaux au Navigateur, journal des naufrages et des autres événements nautiques édité au Havre par une société de marins entre 1829 et 1833 puis entre 1834 et 1838 (nouvelle série). Édouard Corbière, le « père du roman maritime en France » y écrivit de nombreux articles et même en dirigea un temps la rédaction. Ce périodique devint par la suite la Revue maritime, absorbée elle-même par Le Journal de la marine : revue des voyages.
Fulgence Girard était publié hebdomadairement dans Le Monde Illustré. Il y écrivait dans tous les domaines : mondanités, drames de l’actualité, critiques artistiques en lettres ou architecture, nécrologie, reportages, y compris de contrées lointaines. Ses reportages s’émaillaient toujours d’un enrichissement culturel et allaient chercher dans l’Histoire et la Géographie les racines des événements ou lieux dont il parlait.
Au fil de ces pages, on rencontre parmi ses voisins de plume les écrivains Alexandre Dumas (père) et George Sand, le musicien Hector Berlioz.
À partir du second semestre 1858, ses récits d’événements lointains seront titrés Chronique de la province et de l’étranger.
![]() Armand Barbès |
En 1833, Girard exprime ouvertement son opposition de certaines politiques, Thiers le premier.
Il figure dans la commission de la loterie patriotique de 1834.
Après les émeutes d’avril 1834 (seconde insurrection des canuts lyonnais), Girard participe à la défense des accusés (ainsi qu’Auguste Comte).
Le 12 mai 1839, les républicains de la Société des saisons, société prolétarienne qui compte alors environ 900 membres, tentent de renverser Louis-Philippe, avec parmi eux Auguste Blanqui, Armand Barbès, Martin Bernard. 400 insurgés parviennent à occuper brièvement l’Assemblée, l’Hôtel de ville et le Palais de Justice. L’opération échoue et les conjurés sont arrêtés. Armand Barbès et Martin Bernard sont jugés en juin–juillet 1839, Auguste Blanqui en janvier 1840. Blanqui, Barbès et Bernard sont ses amis.
Ils seront emprisonnés au Mont-Saint-Michel en juillet 1839. Fulgence usera de son influence en tant qu’historien (secrétaire de la société archéologique d’Avranches) et journaliste (directeur du journal d’Avranches) pour les approcher. Repéré par l’administration, il ne cède pas aux intimidations ; il entretiendra une correspondance secrète avec eux, et préparera même une tentative d’évasion.
En octobre 1841, il rédige avec eux une pétition de M. Carle et Mme Augusta Carle, sœur d’Armand Barbès, qui lancera une campagne de presse sur les prisonniers politiques (Journal du Peuple, Le National, plus tard La Réforme…) qui aboutira ultérieurement (1844) à des discussions à la Chambre des députés autour de la loi sur les prisons.
À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Girard, l’association des amis de la Haute Ville de Granville associée à l’éditeur de notre site web ont réédité une de ses nouvelles : Berthe la maréieuse. ![]() La Médiathèque Charles de la Morandière à Granville où nous avons retrouvé Berthe la maréieuse. |
![]() La grotte de Lihou, où se sont concrétisés « les plus saints penchants de l’âme ». |
Ce qu’est pourtant la justice des hommes, et à quoi tient pourtant la félicité d’une vie !
Des parents joyeux s’empresseraient autour d’elle ; le carillon des cloches, la voix des amis annonceraient au monde sa délivrance par un hymen de fêtes ; toutes les voix s’adouciraient pour lui murmurer des vœux de félicité : et sa chambre est déserte ; une figure seule sourit près de sa couche, et c’est un sourire de douleur ; il faut qu’elle dévore ses larmes, il faut qu’elle boive en secret son amertume et son fiel. Elle cache son enfant dont elle serait fière, car son orgueil fait sa honte.
Pourquoi ?
Parce que nos mœurs ont fait un crime des plus saints penchants de l’âme, et un trafic de chair des plus chastes nœuds.
Parce qu’un imprudent n’a pas trouvé dans son cœur d’homme assez de fermeté pour se livrer à la vertu.
Il a soufflé sur une existence, et cette existence en fleur s’est desséchée comme la lande de la plaine ; et lui, aux applaudissements, s’endort heureux sur un autre amour.
L’homme a passé là ; comme une limace sur un lis, il en a bu les parfums et la rosée et y a laissé sa souillure ; et l’on rejette le lis ; et la limace cuve son ivresse dans le calice d’une autre fleur.Berthe la maréieuse, p. 33
Plus d’un demi-siècle s’est écoulé sur cette catastrophe, et cependant le souvenir en est resté si profondément gravé dans la mémoire des habitants de cette partie du littoral, que fort peu des nombreux baigneurs qui, durant les beaux jours, viennent chercher, quelques-uns la santé, la plupart le plaisir, sur cette belle plage sablonneuse, s’en éloignent sans avoir accompli, sur l’invitation des ciceroni du lieu, un tendre pèlerinage à la grotte et aux rochers théâtres des scènes dramatiques de ce récit.
La période de Girard commence un peu plus tard car il naît en 1807. Voici quelques repères historiques permettant de situer Fulgence Girard, sa politique et son œuvre dans le contexte de l’époque (télécharger en PDF). Ceci n’est qu’une chronologie de repérage ; plus d’explications sont données dans la section d’après.
| Période | Gouvernement | Évènements | ||
| XVIe - 1789 | Ancien Régime | Monarchie absolue Louis XVI règne à partir de 1774 |
||
| 14 juillet 1789 - prise de la bastille | ||||
| 1789-1792 | Monarchie constitutionnelle | Abolition des privilèges et déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (août 1789), constitution du 3 septembre 1791, fuite à Varennes (20 juin 1791) | ||
| 10 août 1792 - Commune insurrectionnelle de Paris | ||||
| 1792-1804 | Première république |
1792-1795 | Convention | Le roi est décapité le 21 janvier 1793 La Terreur (1793–1794) |
| 26 octobre 1795 - Séparation de la Convention | ||||
| 1795-1799 | Directoire | Fondé par la Constitution de l’an III (1795) |
||
| 9 novembre 1799 - Coup d’État du 18 Brumaire | ||||
| 1799-1804 | Consulat | Bonaparte est Premier Consul, prémices du Premier Empire |
||
| 18 mai 1804 - décret du Sénat proclamant Bonaparte Empereur | ||||
| 1804-1814 | Premier Empire | Sacre de napoléon, guerres napoléoniennes, abdication 1807 : naissance de Fulgence Girard |
||
| 6 avril 1814 - abdication de Napoléon | ||||
| 1814-1815 | Première restauration | Retour des Bourbons sur le trône (Louis XVIII), mise en place de la charte de 1814. |
||
| 1er mars 1815 - Retour de Napoléon | ||||
| 1815 | Les 100 jours | Napoléon revient en France, rassemble ses troupes contre la coalition et est défait à Waterloo |
||
| 18 juin 1815 - Défaite de Waterloo | ||||
| 1815-1830 | Seconde restauration | Monarchie constitutionnelle de la Maison capétienne de Bourbon : Louis XVIII (1815–1824) puis Charles X (1824–1830) Stabilité civile et paix extérieure Début de la révolution industrielle |
||
| 27-29 juillet 1830 : les Trois Glorieuses | ||||
| 1830-1848 | Monarchie de Juillet | Louis-Philippe Ier, roi des Français (Maison d’Orléans) Exode rural Détérioration de la condition ouvrière, paupérisme Agitations civiles et révolutionnaires, insurrections violentes :
|
||
| 23-25 février 1848 - Révolution de 1848 | ||||
| 1848-1851 | Seconde république | Instauration du suffrage universel Les manifestations et “Journées” révolutionnaires des républicains sociaux continuent :
|
||
| 2 décembre 1851 - coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte | ||||
| 1852-1870 | Second Empire | Napoléon III (Louis-Napoléon Bonaparte) Travaux haussmanniens Guerre de Crimée (1853-1856) Guerre de 70 (1870-1871) |
||
| 2 septembre 1870 - capture de l’empereur Napoléon III à Sedan 4 septembre 1870 - proclamation de la 3e république |
||||
| 1870-1940 | Troisième république | Insurrection de la Commune (18 mars - 28 mai 1871) 1873 : décès de Fulgence Girard |
||
![]() La charte de 1814 |
C’est alors que commence le XIXe siècle des historiens.
Sur l’international, la France a perdu son hégémonie sur la vieille Europe et son duel contre l’Angleterre. Le fiasco géo-politique va entraîner un fiasco économique (perte des colonies, ruine des ports) qui va doter l’Angleterre d’une avance industrielle. Son industrie, mais aussi sa stabilité politique, inspirera de nombreux penseurs français du XIXe.
Sur le plan national, la France est à présent dotée d’une sorte de monarchie constitutionnelle basée sur la Charte de 1814, qui servira de référence dans les décennies à venir. Cette charte repose sur le partage des pouvoirs entre le roi et son gouvernement qu’il désigne (ministres, etc), et deux chambres : la Chambre des députés (élue au suffrage censitaire), et la Chambre des pairs (membres désignés ou héréditaires). Au suffrage censitaire, seuls les riches votent (ceux dont le relevé d’impôts dépasse le cens), et la manipulation du cens et des circonscriptions permet souvent à l’exécutif d’influer sur la composition de la chambre.
La nation est divisée. Les différents groupes ne cherchent nullement à cohabiter en paix ; chacun veut le pouvoir. Durant tout le siècle, les complots seront multiples, le pouvoir est en permanence à la merci d’un coup de main réussi, balloté d’un coup d’État à l’autre.
Sur le plan politique, les ultras (ultra-royalistes) et les modérés s’affrontent et s’alternent à la Chambre des députés ; chaque revirement se fait avec sa vague de lois réactionnaires ou libérales selon les tendances. La presse, l’éducation, l’Église, le corps électoral sont les sujets les plus sensibles et les plus manipulés.
Échiquier politique de la seconde restauration
Les étiquettes politiques couvrent évidement des concepts flottants selon les gens et les années. Ce tableau est approximatif, destiné uniquement à représenter les tendances.
| les bourgeois / modérés / libéraux | Les ultras (légitimistes) / pointus / réactionnaires |
||
| les républicains | les royalistes modérés
(orléanistes … légitimistes) |
||
| républicains sociaux / socialistes |
républicains bourgeois | ||
| les bonapartistes | |||
| ← la gauche la droite → | |||
À la mort de Louis XVIII (16 septembre 1824), son frère Charles X, un ultra, monte sur le trône. Le manque d’ouverture de sa politique lui fait perdre la majorité à la Chambre des députés. Refusant de regner avec un gouvernement modéré (aujourd’hui on parlerait de cohabitation), Charles X essaie de basculer en force le régime vers une forme plus ultra (les quatre ordonnances du 26 juillet 1830). Paris réagit par une insurection de trois jours : les Trois glorieuses.
Une fois le gouvernement renversé par la rue, la Chambre des députés, en majorité modérée et bourgeoise, nomme à la tête du pays le duc d’Orléans, Louis-Philippe (prétendant issu d’une branche ratérale des Bourbons, descendante aussi de Louis XIII). Les Orléanistes sont maintenant au pouvoir, Charles X en exil, les légitimistes (carlistes) dans l’opposition. Parce-que cette révolution a été récupérée par la bourgeoisie qui ce jour là a péréféré un Orléans à un Bourbon, Girard en dira que « ce ne fut, hélas !, qu’un accident dans les destinées de la France ».
Au bilan, c’est la tendance intransigeante qui s’installe. Le développement est maintenu au ralenti par “le système”, notamment sous le gouvernement Guizot, par peur d’une révolution industrielle trop rapide qui changerait la donne (des richesses et du pouvoir). De cette société bridée, une contestation se diffuse alors dans les années 1840 : le positivisme, porté par des savants (on dit aujourd’hui des scientifiques), des artistes, des lettrés, mais aussi les jeunes cadres frustrés des milieux d’affaire.
En 1847, le mouvement de protestation prend de l’ampleur et lance des campagnes de presse. On y réclame “la réforme” (en particulier du corps électoral : le cens à 100 F). La récolte est très mauvaise, provoque une crise alimentaire qui dégénère en crise économique. Un banquet politique est organisé pour le 22 février 1848 ; la troupe se déploie en anticipation de troubles, Paris répond avec des barricades, et c’est l’explosion. Le gouvernement saute, la république est proclamée le 25.
Pour repousser les élections (afin de se donner le temps d’éduquer les masses), Blanqui et ses amis organisent une “journée” le 17 mars 1848 (manifestation) , mais le report obtenu est court. Sans surprise, ils perdent les élections du 23 avril (premier scrutin au suffrage universel), et sont évincés du gouvernement (la “Commission exécutive”).
Encore une fois la bourgeoisie s’accapare le pouvoir que les classes populaires ont enlevé par leur révolution. Se constatant floués, les socialistes vont organiser encore une “journée” le 15 mai 1848 : ils prennent de force la chambre des députés et créent un gouvernement provisoire (Louis Blanc, Raspail, Barbès, Blanqui). Lamartine rallie la garde et fait reprendre la chambre. Barbès et Albert sont incarcérées (les meneurs seront traduits devant la Haute Cour de Justice de Bourges du 7 mars au 3 avril 1849, où Girard encore sera défenseur ; Barbès, Albert, Blanqui, Raspail seront condamnés à des peine déportation ou prison).
La crise est toujours là, et les ouvriers parisiens sont de plus en plus réceptifs à la propagande socialiste. Les ateliers nationaux sont fermés le 21 juin 1848 pour éviter leur faillite, ce qui jette les ouvriers dans la rue. L’émeute est inévitable (au cri de “du pain ou du plomb”), mais la troupe est prête ; elle réduit, après de féroces combats, les derniers insurgés le 26. Une fois les socialistes matés, les capitaux réapparaissent, l’économie reprend. La bourgeoisie reprend la main et commence une vague de répression et de lois réactionnaires.
La constitution est achevée (12 novembre 1848), et il faut élire un président. Les orléanistes proposent Louis Napoléon Bonaparte. Ce dernier, en plus de rallier les bonapartistes, va parvenir, avec un programme bourgeois libéral, à fédérer les républicains libéraux, les réactionnaires, mais aussi les républicains sociaux dégoûtés de la défaite de juin, et tous les ennemis des dirigeants de la république de 1848. Vote de sanction ou d’adhesion, toutes les classes votent pour lui et il est élu par 5,4 M° de voix sur 7,5 M° d’électeurs (10 décembre 1848) ; les élections législatives qui suivent confirment l’écrasement des républicains modérés par les droites. Seule subsite l’extrème gauche, sauvée par une bonne campagne, avec 180 députés socialistes (ou républicains avancés), qui gènent le gouvernement.
En Italie, la république est proclamée le 5 février 1849 et le pape y est déchu. Sous la pression des catholiques, le gouvernement français y envoit un corps expéditionnaire pour le rétablir. Les républicains protestent contre cette violation de la constitution (qui interdisait toute entreprise « contre la liberté d’aucun peuple »), à l’assemblée, sans effet, puis dans la rue. Les socialistes, les “montagnards” (élus des quartiers Est de Paris), l’extrême gauche défilent le 13 juin 1849, et essaient de prendre le pouvoir par la force C’est un échec total ; les députés impliqués sont arrêtés, exclus de l’Assemblée, ou en fuite (Arago, Ledru-Rollin). La gauche est décapitée ouvrant la voie à une seconde vague de répression et de lois réactionnaires, y compris une modification de la loi sur le suffrage universel qui en éloigne les ouvriers.
Des dissensions se développent entre les droites. Les plus autoritaires commencent à songer à un coup d’État. Louis Napoléon Bonaparte parcourt le pays en prônant l’ordre et un exécutif fort ; il enthousiasme l’armée. Il propose d’assouplir le suffrage universel, ce qui est refusé par la droite bourgeoise (qui ne veut pas que les ouvriers votent), qui du coup se discrédite elle-même dans l’opinion publique. Le 2 décembre 1851, il déploie ses troupes, arrête les chefs de gouvernement opposés et prend le pouvoir. Il écrase les quelques résistances à Paris et en province (03–04 décembre), et fait arrêter puis déporter les chefs républicains et autres opposants (26.000 opposants arrêtés, 15.000 sont condamnés dont 10.000 déportés en Algérie). Victor Hugo part en exil, il n’y a plus de républicains en France. Par deux plébiscites, Louis Napoléon Bonaparte transformera en un an la république en Empire.
Il avait récupéré les rancœurs des bases orléanistes ; il rallie maintenant les cadres entrepreneurs et négociants impatients qu’on lâche la bride à révolution industrielle. Après l’échec de la république, il promet d’être social et récupère les ouvriers. Les différentes classes ont perdu leurs leaders, mais ont ainsi la perspective d’un bond en avant.
L’empereur est moderne et réalise l’expansion économique de la société.
Il a monté une constitution dotée d’un exécutif fort, il musèle les libertés civiles et met en place un système qui privilégie aux élections les candidats officiels. Il gonfle le prestige de l’armée par quelques guerres victorieuses quoique difficiles (Crimée, Guerres d’Italie), mais surtout il fait, avec les Saint-Simoniens, rénover le système bancaire, fait lever des capitaux qui serviront à tous ses chantiers de modernisation : chemin de fer, machines à vapeur, textile, portuaire, grands magasins, travaux Hausmanniens… Le commerce et l’immobilier fleurissent et toutes les classes s’améliorent. Même les ouvriers voient leurs conditions progresser. Avec les républicains disparus, seuls les artistes se sentent à l’étroit : Zola pourfend la société bourgeoise décadente, Baudelaire et Flaubert sont condamnés, Monet est conspué, Courbet est mal critiqué. En 1860, l’Empereur assouplit le régime et laisse se former un parti d’opposition de républicains et de royalistes (l’“Union libérale”, puis plus tard le “Tiers-parti”). Parce-qu’il n’améliore pas les libertés (individuelles, de la presse, électorales), il finit par perdre sa popularité, et l’opposition grignotte. Il relâche pourtant sa politique en 1865 (droit de grève), puis en 1869 (loi sur la presse), mais c’est insuffisant, et le Tiers parti gagne les élections de 1869 (gouvernemnt d’Émile Ollivier).
Sur le plan international, Napoléon III s’était aliéné Bismarck (Prusse) en se faisant médiateur dans sa guerre contre l’Autriche (finalement vaincue à Sadowa, 3 juillet 1866). Sur fond de revendication du trône d’Espagne et d’intrigues diplomatiques, Bismarck finit par enflammer son opinion publique et déclencher une guerre, qui est déclarée le 17 juillet 1870. Les français sont mal préparés, désordonnés, et l’empereur est pris à Sedan (Ardennes).
Les républicains saisissent l’occasion, prennent le Corps législatif le 4 septembre, et fondent la 3e république, avec les survivants de 1848, et des jeunes républicains (Gambetta…).
Avec les recherches d’Olivier de Laborderie et Emmanuel Collignon
|
![]() Extrait de l’annuaire d’Avranches
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Épitaphe sur la stèle tombale au cimetière de Bacilly :|
Viens à moi toi dont l’âme à la peine asservie chemine sous son poids sans trêve ni merci. Je te soulagerai moi, la voie et la vie. Vous l’avez dit mon Dieu, confiant, me voici. Ô vous qui m’aimiez, que j’aimais et que j’aime |

MM. Alexandre Dumas, Méry, Gozlan, Amédée Achard, Paul Féval, André, Mary Lafon, Roger de Beauvoir, Ch. Monselet, Saintine, Fulgence Girard, Albéric Second, Xavier Aubryet, Louis Ulbach, J. Doucet, Ch. d’Argé, Champfleury.
Mmes George Sand, Louise Colet, Manoël de Grandfort, Constance Aubert, etc., etc.

À cette époque, à la fois les moyens techniques de communication s’industrialisent, et le public cherche à se cultiver. Un besoin existe pour le genre de revue que sera le Monde illustré comme l’explique l’éditorial du numéro 1 :
La revue survécut à ses fondateurs ; le dernier numéro que nous ayons retrouvé est le numéro 4489, daté du 11 décembre 1948.
Le goût public… devenu plus avide, plus chercheur, plus insatiable que jamais ! – le public auquel il faut du nouveau, du surprenant, de l’imprévu…, et qui veut ardemment repaître les yeux de sa chair en même temps que les yeux de son esprit.
Quant aux moyens de le satisfaire… ils se sont multipliés par la facilité que la vapeur et l’électricité ont donnée à la circulation des nouvelles…
Lire la suite
Trouvez ci-dessous la liste des articles de Fulgence Girard publiés dans la revue, jusqu’au premier semestre 1858. Cette liste est en construction. Elle est complète pour 1857 et partielle pour le premier semestre de 1858 (période dont l’inspection de la revue est incomplète). Le contenu de certains articles est disponible : cliquez sur ceux marqués en couleur pour y accéder.
Lors de nos travaux, nous avons aussi relevé de cette revue des articles d’autres auteurs pour diverses raisons. La liste complète des articles relevés se trouve là : Liste d’articles du Monde Illustré.
Voir en fin de liste la légende des astérisques.

La première vraie revue de marine en France s'appelle les Annales maritimes et coloniales, fondées par le savant Bajot en 1816, et publie des communiqués officiels, des récits et des variétés d'évènements marins. Cette revue ne touche que le public spécialisé, et est suivie en 1829 par le Navigateur (M.J. Morlent du Havre, Édouard Corbière), qui inclut de la litérature marine (on disait alors la litérature nautique). Le Navigateur n'a pas non plus de retentissement à l'intérieur du pays. En 1833, la direction en est transportée à Paris, où Jules Lecomte la reprend et en change le titre qui devient Revue maritime. Cette même année paraît un autre mensuel : le Journal de la marine, comparable à ses prédecesseurs, mais un peu plus politique.
À cette époque, la marine française est en disgrâce. Décimée à la fin de l’Empire, elle n’avait pas repris le panache qu’elle avait auparavant, et elle subit des menaces d’abandon de la part des deux chambres gouvernementales. En 1834, conscient que la marine est un atout majeur dans le développement des nations, Amédée Gréhan, sous-chef de bureau au ministère de la marine, et Jules Lecomte, fondent la France Maritime. Leur but est de faire connaître la valeur de la marine, de ses hommes, des ses succès militaires et scientifiques, d’éradiquer les préjugés. Ils s’associent les plumes de marins littérateurs (Eugène Sue, Édouard Corbière…), d’écrivains ayant connaissance du domaine (Karr, Fulgence Girard, Vérismor, Paul Féval…), et le burin d’illustrateurs dévoués (Gudin, Isabey, Garnerey…), tous très talentueux. Parmi les autres contributeurs on rencontre Chateaubriand, Henri Martin.
On trouve dans ses pages des articles sur l’Histoire et la géographie, des récits d’évènements marins, des vulgarisations de techniques et de faits de société du monde maritime, des biographies de marins célèbres, des articles sur la construction navale, l’histoire naturelle, avec en plus quelques fictions sur le même thème.
Ses efforts sont récompensés par un grand succès à la fois public et critique. Renommée à la fois pour ses textes et ses illustrations, elle réussit son objectif de redonner à la marine sa grandeur et le respect au sein du public.
Suite à certains obstacles personnels et extérieurs, les livraisons s’arrêtent (à un moment peut-être entre 1837 et 1839), alors que le compte des quatre tomes promis n’est pas atteint. Elles reprendront un peu plus tard, il semble en 1841, et le quatrième tome paraîtra en 1842. Preuve que leurs contributeurs étaint des hommes de terrain, certains manquent à l’appel : Louis de Meynard de Queille tué dans un duel aux Antilles, le capitaine Luco assassiné par des Malais pour une cargaison de piastres à Sumatra, l’illustrateur Ferdinand Perrot mort à l’étranger sans avoir pu faire parvenir ses derniers travaux.
La publication est aujourd’hui un classique ; elle est recherchée beaucoup pour ses gravures, la plupart du temps en pleine page ; certains collectionneurs n’hésitaient pas à démantibuler les ouvrages pour revendre les gravures à l’unité.
Les textes sont pourtant remarquables et tous ou presques dignes d’intérêt encore de nos jours. Il est cependant dommage que cette publication n’ai pas eu plus d’exégète ou d’historien, car les détails de l'histoire de sa publications sont rares, et elle mérite aujourd’hui mieux que cette confusion. L’édition de 1837-1842 en volume a été numérisée par Google Books, ce qui permet aujourd’hui de la lire dans leur intégralité (en suivant les liens ci-dessous).
Voici la liste des articles de Fulgence Girard que nous avons retrouvés dans ces publications. Les tables des matières contiennent beaucoup d’erreur, alors il est possible que certains articles nous soient passés inaperçus. Ces articles ont été retrouvés dans les éditions en volume et nous en donnons la référence. Nous n’avons pas trouvé sous forme de livraison, et nous ne connaissons donc pas les dates de sortie des articles.
Le contenu de certains articles est disponible : cliquez sur ceux marqués en couleur pour y accéder, soit sur notre site (⑈), soit chez Google Book (
).
Les parties entre crochets ont été rajoutées par mes soins (NdA) comme points de repère ou remarque.
|
|
La recherche de feuilletons dans les périodiques sur Gallica est une horreur. Il vaut mieux télécharger les documents, et les consulter sois-même chacun avec ses petits logiciels préférés. Dans cette optique, je me suis construit quelques index. Les thumbnails sont trop petits pour lire, mais on voit quand même de quel feuilleton il s’agit. Ensuite, pour chaque fascicule, il y a le lien vers les deux visualiseurs de la BNF et vers une copie PDF.
La copie PDF est la meilleure forme que j’ai réussie à exporter du site (mieux que la version TIFF), mais elle n’est pas aussi précise que la visualisation directe sur le site.
Ces documents sont exportés de Gallicas et insérés ici en conformité avec une license de type CC-BY-NC-SA, et plus exactement : « la réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source ».
Page créée ca. 2001, par Baptiste Marcel (
, voir aussi page Contact), dernière mise à jour le 01/06/2010 AD. Vos commentaires sont bienvenus.
Si cette page vous a plu, n’hésitez pas à visiter ma page d’accueil.
| Avec le mécénat global, participez au programme Flattr de micro-paiement des artistes et des auteurs : ouvrez un compte, puis, si vous voulez aimez ce site : cliquez sur le bouton. |